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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Syndrome de Stendhal à la lecture de Proust; Stendhal syndrome while reading Proust

Publié le 24 Février 2017 par proust pour tous

Zoé devant le portrait de Proust par Zael,

Pourquoi lorsque j'ai lu la (les) premières fois, cette phrase, je ne pus retenir un sanglot:

Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé.

And just as the Japanese amuse themselves by filling a porcelain bowl with water and steeping in it little crumbs of paper which until then are without character or form, but, the moment they become wet, stretch themselves and bend, take on colour and distinctive shape, become flowers or houses or people, permanent and recognisable, so in that moment all the flowers in our garden and in M. Swann’s park, and the water-lilies on the Vivonne and the good folk of the village and their little dwellings and the parish church and the whole of Combray and of its surroundings, taking their proper shapes and growing solid, sprang into being, town and gardens alike, from my cup of tea.

et récemment (une phrase qui ne plait pourtant pas à Catherine):

Puis, un beau jour, surgissait brusquement Albertine dont les roses apparitions et les silencieuses visites me renseignaient assez peu sur ce qu'elle avait pu faire dans leur intervalle, qui restait plongé dans cette obscurité de sa vie que mes yeux ne se souciaient guère de percer."

Then, one fine day, in would burst Albertine whose rosy apparitions and silent visits left me little if any better informed as to what she might have been doing in an interval which remained plunged in that darkness of her hidden life which my eyes felt little anxiety to pierce."

ou quand Dr PG of Geneva lit (par coeur):

Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.

But when from a long-distant past nothing subsists, after the people are dead, after the things are broken and scattered, still, alone, more fragile, but with more vitality, more unsubstantial, more persistent, more faithful, the smell and taste of things remain poised a long time, like souls, ready to remind us, waiting and hoping for their moment, amid the ruins of all the rest; and bear unfaltering, in the tiny and almost impalpable drop of their essence, the vast structure of recollection.

lui aussi il pleure..... etc.... etc....

Un article dans le Figaro m'a fait penser que: "C’est vrai que le lien entre circuit de la récompense et musique est multiple et complexe. Simple hypothèse personnelle, mais, comme le fonctionnement du cerveau est en partie électrique, on peut imaginer que la musique entre en résonance avec les oscillations de ce dernier», avance Salah El Mestikawy, chercheur en neurosciences au CNRS"

Mon cerveau celui de PG, et de bien d'autres, doit entrer en résonnance avec la prose de Proust, en particulier quand apparait la dernière partie de la phrase, coup final et merveilleux!

My brain, as PG's, and many other Proustians', probably enters in resonance with Proust's prose, hence the Stendhal syndrome.

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Dimanche 26 février à 14h 30, ancienne mairie de Sceaux (à côté de l'église), venez lire un rôle:: "Dînez avec Proust" voyage.... il y aura des madeleines et du vin, une partie de la "troupe" du café de la mairie" sera là.

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Angelilie 24/02/2017 17:23

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement.