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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PAR COEUR au PALAIS-ROYAL : l'union fait la force, et un poème érotique HILARANT.

Publié le 13 Septembre 2025 par proust pour tous

"La laitière et le pot au lait" récitée par Sabine et moi, hier vendredi 12.

A deux on se sent moins seule, surtout lorsque la deuxième a une mémoire magnifique et qu'elle renonce, le temps d'une fable, à tenir la caméra. 

Quelques petites vidéos qui illustrent cette semaine poétique, sanglante ou polissonne au Palais-Royal: 

Mais d'abord Philippe qui a refusé d'être filmé, non pas à cause du caractère comico-érotique de ce poème attribué à Jules Verne, mais parce qu'il ne le savait pas par coeur mais l'a lu sur son téléphone. On a quand même bien rigolé:

Lamentation d'un poil de cul de femme

Il est dur lorsque sur la terre
Dans le bonheur on a vécu
De mourir triste et solitaire
Sur les ruines d’un vieux cul.

Jadis, dans une forêt vierge,
Je fus planté sur le versant
Qu’un pur filet d’urine asperge,
Et parfois un filet de sang.

Alors, dans ce taillis sauvage,
Les poils poussaient par mes sillons;
Et sous leur virginal ombrage
Paissaient* de jolis morpions.
Destin fatal ! un doigt nubile
Un soir par là vint s’égarer,
Et de sa phalange mobile
Frotter, râcler et labourer.

Bientôt au doigt le vit succède,
Et, dans ses appétits ardents,
Appelant la langue à son aide,
Il nous déchire à belle dents.
J’ai vu s’en aller nos dépouilles
Sur le fleuve des passions,
Qui prend sa source dans les couilles
Et va se perdre dans les cons.

Hélas ! l’épine est sous la rose,
Et la pine sous le plaisir…
Bientôt, au bord des exostoses
Des chancres vinrent à fleurir.
Les coqs de leur crête inhumaine
Se parent dans tous les chemins :
Dans le département de l’Aine
Gambadent** de jeunes poulains.

Mais quand le passé fut*** propice,
Pourquoi songer à l’avenir ?
Et qu’importe la chaude-pisse,
Quand il reste le souvenir ?
N’ai-je pas vu tous les prépuces
Avoir chez nous un libre accès,
Alors même qu’ils étaient russes,
Surtout quand ils étaient français !

J’ai couvert de mon ombre amie
La grenette de l’écolier,
Le membre de l’Académie,
Et le vit du carabinier;
J’ai vu un vieillard phosphorique,
Dans un effort trop passager,
Charger avec son dard étique
Sans parvenir à décharger.

J’ai vu — mais la motte déserte
N’a plus de flux ni de reflux,
Et la matrice trop ouverte
Attend vainement le phallus.
J’ai perdu, depuis une année,
Mes compagnons déjà trop vieux,
Et mes beaux poils du périnée
Sont engloutis dans divers lieux.

Aux lèvres des jeunes pucelles,
Croissez en paix, poils ingénus !
Adieu, mes cousins des aisselles,
Adieu, mes frères de l’anus !
J’espérais, à l’heure dernière,
Me noyer dans l’eau des bidets,
Mais j’habite sur un derrière
Qu’hélas ! on ne lave jamais.

— Il eut parlé longtemps encore,
Lorsqu’un vent vif précipité,
Bruyant, mais non pas inodore,
Le lança dans l’éternité.
Ainsi tout retourne dans la tombe,
Tout ce qui vit, tout ce qui fut,
Ainsi tout change, ainsi tout tombe,
Illusions… et poils de cul.

 

Voici Philippe plus sérieux, récitant un poème de Villon, dont il a étudié l'histoire des femmes citées, et qu'il l'a racontée au Petit Flore après la séance du Palais-Royal. Passionnant. 

Retrouvons certains de nos récitants en septembre, à 18 h 30 : les mardis 16 et 23 à la Butte-aux-Cailles (chez Kiosk, 47 rue Bobillot). Je vous y attendrai:

 

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