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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

une phrase magnifique; a beautiful sentence

Publié le 20 Septembre 2013 par proust pour tous

D'après mon père la plus belle phrase en prose de la langue française était de Chateaubriand, dans Atala: "La lune luisait dans un azur sans tache et sa lumière gris de perle descendait sur la cime indéterminée des forêts"

Et pourtant, voici une phrase longue mais claire:

Un jour que nous marchions avec Swann dans une rue de Combray, M. Vinteuil qui débouchait d’une autre s’était trouvé trop brusquement en face de nous pour avoir le temps de nous éviter, et Swann, avec cette orgueilleuse charité de l’homme du monde qui, au milieu de la dissolution de tous ses préjugés moraux, ne trouve dans l’infamie d’autrui qu’une raison d’exercer envers lui une bienveillance dont les témoignages chatouillent d’autant plus l’amour-propre de celui qui les donne, qu’il les sent plus précieux à celui qui les reçoit, avait longuement causé avec M. Vinteuil, à qui jusque-là il n’adressait pas la parole, et lui avait demandé avant de nous quitter s’il n’enverrait pas un jour sa fille jouer à Tansonville. Du côté de chez Swann

Here is a beautiful, well constructed sentence:

One day, when we were walking with Swann in one of the streets of Combray, M. Vinteuil, turning out of another street, found himself so suddenly face to face with us all that he had not time to escape; and Swann, with that almost arrogant charity of a man of the world who, amid the dissolution of all his own moral prejudices, finds in another’s shame merely a reason for treating him with a friendly benevolence, the outward signs of which serve to enhance and gratify the self-esteem of the bestower because he feels that they are all the more precious to him upon whom they are bestowed, conversed at great length with M. Vinteuil, with whom for a long time he had been barely on speaking terms, and invited him, before leaving us, to send his daughter over, one day, to play at Tansonville. Swann's Way

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