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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Publié le 8 Octobre 2013 par proust pour tous

I read in the Guardian a very disappointing article on "Daily routines of history's most creative minds" by Oliver Burkeman . Very disappointing because it was just a collection of anecdotes, nothing we could apply to our lives. Among the great minds quoted, Proust who "breakfasted on croissants and opium". So I researched on Proust's bad sleeping habits, and found an interesting article on a book by Dominique Mabin written by Armelle Barguillet

There is in the human body a certain instinct for what is beneficial to us, as there is in the heart for what is our moral duty, an instinct which no authorisation by a Doctor of Medicine or Divinity can replace. We know that cold baths are bad for us, we like them, we can always find a doctor to recommend them, not to prevent them from doing us harm. From each of these doctors Bergotte took something which, in his own wisdom, he had forbidden himself for years past. After a few weeks, his old troubles had reappeared, the new had become worse. Maddened by an unintermittent pain, to which was added insomnia broken only by brief spells of nightmare, Bergotte called in no more doctors and tried with success, but to excess, different narcotics, hopefully reading the prospectus that accompanied each of them, a prospectus which proclaimed the necessity of sleep but hinted that all the preparations which induce it (except that contained in the bottle round which the prospectus was wrapped, which never produced any toxic effect) were toxic, and therefore made the remedy worse than the disease. Bergotte tried them all. Some were of a different family from those to which we are accustomed, preparations for instance of amyl and ethyl. When we absorb a new drug, entirely different in composition, it is always with a delicious expectancy of the unknown. Our heart beats as at a first assignation. To what unknown forms of sleep, of dreams, is the newcomer going to lead us? He is inside us now, he has the control of our thoughts. In what fashion are we going to fall asleep? And, once we are asleep, by what strange paths, up to what peaks, into what unfathomed gulfs is he going to lead us? With what new grouping of sensations are we to become acquainted on this journey? Will it bring us in the end to illness? To blissful happiness? To death? Bergotte’s death had come to him overnight, when he had thus entrusted himself to one of these friends (a friend? or an enemy, rather?) who proved too strong for him. The Captive

Je viens de lire dans the Guardian un article très décevant sur "Daily routines of history's most creative minds" by Oliver Burkeman. Très décevant car il n'est composé que d'une collection d'anecdotes, parmi lesquelles les habitudes de Proust qui "breakfasted on croissants and opium". J'ai cherché à clarifier les mauvaises habitudes de notre écrivain, et c'est ainsi que je suis tombée sur un article très intéressant sur le sommeil de Proust (un livre de Dominique Mabin), dans le blog d' Armelle Barguillet

Il y a dans notre corps un certain instinct de ce qui nous est salutaire, comme dans le coeur de ce qui est le devoir moral, et qu'aucune autorisation du docteur en médecine ou en théologie ne peut suppléer. Nous savons que les bains froids nous font mal, nous les aimons : nous trouverons toujours un médecin pour nous les conseiller, non pour empêcher qu'ils ne nous fassent mal. À chacun de ces médecins Bergotte prit ce que, par sagesse, il s'était défendu depuis des années. Au bout de quelques semaines, les accidents d'autrefois avaient reparu, les récents s'étaient aggravés. Affolé par une souffrance de toutes les minutes, à laquelle s'ajoutait l'insomnie coupée de brefs cauchemars, Bergotte ne fit plus venir de médecin et essaya avec succès, mais avec excès, de différents narcotiques, lisant avec confiance le prospectus accompagnant chacun d'eux, prospectus qui proclamait la nécessité du sommeil mais insinuait que tous les produits qui l'amènent (sauf celui contenu dans le flacon qu'il enveloppait et qui ne produisait jamais d'intoxication) étaient toxiques et par là rendaient le remède pire que le mal. Bergotte les essaya tous. Certains sont d'une autre famille que ceux auxquels nous sommes habitués, dérivés, par exemple, de l'amyle et de l'éthyle. On n'absorbe le produit nouveau, d'une composition toute différente, qu'avec la délicieuse attente de l'inconnu. Le coeur bat comme à un premier rendez-vous. Vers quels genres ignorés de sommeil, de rêves, le nouveau venu va-t-il nous conduire ? Il est maintenant en nous, il a la direction de notre pensée. De quelle façon allons-nous nous endormir ? Et une fois que nous le serons, par quels chemins étranges, sur quelles cimes, dans quels gouffres inexplorés le maître tout-puissant nous conduira-t-il ? Quel groupement nouveau de sensations allons-nous connaître dans ce voyage ? Nous mènera-t-il au malaise ? À la béatitude ? À la mort ? Celle de Bergotte survint la veille de ce jour-là où il s'était ainsi confié à un de ces amis (ami ? ennemi ?) trop puissant. La prisonnière
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