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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Facebook ne rend pas heureux, Proust si

Publié le 15 Août 2013 par proust pour tous

D'après le Monde d'aujourd'hui Facebook ne ferait pas le bonheur des jeunes adultes. Pour moi le bonheur se trouve dans A l'ombre des jeunes filles en fleurs, lorsque le narrateur va rejoindre les jeunes filles dans leurs jeux d'adolescentes.

Etendu sur la falaise je ne voyais devant moi que des prés, et, au-dessus d’eux, non pas les sept ciels de la physique chrétienne, mais la superposition de deux seulement, un plus foncé — de la mer — et en haut un plus pâle. Nous goûtions, et si j’avais emporté aussi quelque petit souvenir qui pût plaire à l’une ou à l’autre de mes amies, la joie remplissait avec une violence si soudaine leur visage translucide en un instant devenu rouge, que leur bouche n’avait pas la force de la retenir et pour la laisser passer, éclatait de rire. Elles étaient assemblées autour de moi; et entre les visages peu éloignés les uns des autres, l’air qui les séparait traçait des sentiers d’azur comme frayés par un jardinier qui a voulu mettre un peu de jour pour pouvoir circuler lui-même au milieu d’un bosquet de roses.

Nos provisions épuisées, nous jouions à des jeux qui jusque-là m’eussent paru ennuyeux, quelquefois aussi enfantins que «La Tour Prends-Garde» ou «A qui rira le premier», mais auxquels je n’aurais plus renoncé pour un empire; l’aurore de jeunesse dont s’empourprait encore le visage de ces jeunes filles et hors de laquelle je me trouvais déjà, à mon âge, illuminait tout devant elles, et, comme la fluide peinture de certains primitifs, faisait se détacher les détails les plus insignifiants de leur vie, sur un fond d’or. A l'ombre des jeunes filles en fleurs

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