Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

une citation par jour: Dostoïevski

Publié le 5 Août 2010 par laurence grenier

[Rogojine] - Sache que je ne te donnerai pas un kopek, quand bien même tu marcherais sur les mains devant moi.

[Lebedev] - Eh bien! je marcherai quand même sur les mains.

- Voyez-vous ça! Dis-toi bien que je ne te donnerai rien, même si tu dansais une semaine entière.

- Libre à toi! Tu ne me donneras rien et je danserai. Je quitterai ma femme et mes enfants pour danser devant toi, en me répétant: flatte, flatte.

 

Dostoïevski, L'Idiot, première partie, I

 

 

 

Tous ces bouffons qui reviennent sans cesse, tous ces Lebedev, Karamazov, Ivolguine, Segrev, cet incroyable cortège, c'est une humanité plus fantastique que celle qui peuple La ronde de nuit de Rembrandt. Et peut-être n'est-elle fantastique que de la même manière, par l'éclairage et le costume, et est-elle au fond courante. En tous cas elle est à la fois pleine de vérités, profonde et unique, n'appartenant qu'à Dostoïevski. Cela a presque l'air, ces bouffons, d'un emploi qui n'existe plus, comme certains personnages de la comédie antique, et pourtant comme ils révèlent des aspects vrais de l'âme humaine!

 

Marcel Proust La Prisonnière

Commenter cet article