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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

robes bleues, robes noires, robes à fleurs: blue, black or flowery dresses

Publié le 26 Juillet 2012 par laurence grenier

J'ai lu dans  Le Figaro qu' Angela Merkel avait porté la même robe bleue à Bayreuth qu'il y a 4 ans. Cécile Duflot n'attendra pas 4 ans j'espère pour porter de nouveau sa robe à fleurs si critiquée par l'opposition...

 

Mais en revanche Swann les toucha infiniment en croyant devoir demander tout de suite à faire la connaissance de la tante du pianiste. En robe noire comme toujours, parce qu’elle croyait qu’en noir on est toujours bien et que c’est ce qu’il y a de plus distingué, elle avait le visage excessivement rouge comme chaque fois qu’elle venait de manger. Elle s’inclina devant Swann avec respect, mais se redressa avec majesté. Comme elle n’avait aucune instruction et avait peur de faire des fautes de français, elle prononçait exprès d’une manière confuse, pensant que si elle lâchait un cuir il serait estompé d’un tel vague qu’on ne pourrait le distinguer avec certitude, de sorte que sa conversation n’était qu’un graillonnement indistinct duquel émergeaient de temps à autre les rares vocables dont elle se sentait sûre.

Du côté de chez Swann

 

I read that Angela Merkel was wearing in Bayreuth the same blue dress than 4 years ago. If it had been black, nobody, even journalists, would have noticed.

 

On the other hand the Verdurins were extremely touched by Swann’s next request, for he felt that he must ask to be introduced to the pianist’s aunt. She wore a black dress, as was her invariable custom, for she believed that a woman always looked well in black, and that nothing could be more distinguished; but her face was exceedingly red, as it always was for some time after a meal. She bowed to Swann with deference, but drew herself up again with great dignity. As she was entirely uneducated, and was afraid of making mistakes in grammar and pronunciation, she used purposely to speak in an indistinct and garbling manner, thinking that if she should make a slip it would be so buried in the surrounding confusion that no one could be certain whether she had actually made it or not; with the result that her talk was a sort of continuous, blurred expectoration, out of which would emerge, at rare intervals, those sounds and syllables of which she felt positive.

Swann's Way

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