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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Riche et arrogant; rich and arrogant

Publié le 7 Avril 2013 par proust pour tous

Je pense que la meilleure façon d'arrêter la corruption en politique et dans certains métiers, c'est de rendre la fortune impopulaire: si vous voulez être riche, soyez entrepreneur, travaillez dans le commerce et les affaires, mais ne soyez pas homme politique, médecin, chercheur ou haut fonctionnaire, vous ne serez pas respecté, si vous avez de l'argent... ça va être dur de lancer cette mode, une sorte de "arte poverta'...


{le duc de Guermantes}  Promenant sur le grand nombre de personnes qui entouraient la table à thé les regards affables, malicieux et un peu éblouis par les rayons du soleil couchant, de ses petites prunelles rondes et exactement logées dans l'œil comme les « mouches » que savait viser et atteindre si parfaitement l'excellent tireur qu'il était, le duc s'avançait avec une lenteur émerveillée et prudente comme si, intimidé par une si brillante assemblée, il eût craint de marcher sur les robes et de déranger les conversations. Un sourire permanent de bon roi d'Yvetot légèrement pompette, une main à demi dépliée flottant, comme l'aileron d'un requin, à côté de sa poitrine, et qu'il laissait presser indistinctement par ses vieux amis et par les inconnus qu'on lui présentait, lui permettaient, sans avoir à faire un seul geste ni à interrompre sa tournée débonnaire, fainéante et royale, de satisfaire à l'empressement de tous, en murmurant seulement : « Bonsoir, mon bon », « bonsoir mon cher ami », « charmé monsieur Bloch », « bonsoir Argencourt », et près de moi, qui fus le plus favorisé quand il eut entendu mon nom : « Bonsoir, mon petit voisin, comment va votre père ? Quel brave homme ! » Il ne fit de grandes démonstrations que pour Mme de Villeparisis, qui lui dit bonjour d'un signe de tête en sortant une main de son petit tablier.                                               Formidablement riche dans un monde où on l'est de moins en moins, ayant assimilé à sa personne, d'une façon permanente, la notion de cette énorme fortune, en lui la vanité du grand seigneur était doublée de celle de l'homme d'argent, l'éducation raffinée du premier arrivant tout juste à contenir la suffisance du second.

Le côté de Guermantes

 

I think that the best way to stop corruption in politics and some professions, is to make being rich unpopular: if you want to be wealthy, be an entrepreneur, work in business, but be not a politician, a doctor, a scientist, civil servant... or you will not be respected with your money.... it will be hard to launch the trend, a kind of "arte poverta'...

 


{le duc de Guermantes}  Ranging over the considerable party that was gathered round the tea-table the genial, cynical gaze — dazzled a little by the brightness of the setting sun — of the little round pupils lodged in the exact centre of his eyes, like the ‘bulls’ which ‘the excellent marksman that he was could always hit with such perfect aim and precision, the Duke came forward with a bewildered cautious slowness as though, alarmed by so brilliant a gathering, he was afraid of treading on ladies’ skirts and interrupting conversations. A permanent smile — suggesting a ‘Good King of Yvetot’— slightly pompous, a half-open hand floating like a shark’s fin by his side, which he allowed to be vaguely clasped by his old friends and by the strangers who were introduced to him, enabled him, without his having to make a single movement, or to interrupt his genial, lazy, royal progress, to reward the assiduity of them all by simply murmuring: “How do, my boy; how do, my dear friend; charmed, Monsieur Bloch; how do, Argencourt;” and, on coming to myself, who was the most highly favoured, when he had been told my name: “How do, my young neighbour, how’s your father? What a splendid fellow he is!” He made no great demonstration except to Mme. de Villeparisis, who gave him good-day with a nod of her head, drawing one hand from a pocket of her little apron.

Being formidably rich in a world where everyone was steadily growing poorer, and having secured the permanent attachment to his person of the idea of this enormous fortune, he displayed all the vanity of the great nobleman reinforced by that of the man of means, the refinement and breeding of the former just managing to control the latter’s self-sufficiency.

The Guermantes Way

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