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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

proustpourtous: sous mon arbre, l'amour; under my tree, about love

Publié le 17 Juin 2012 par laurence grenier

Proustpourtous: Proust en plein air, au parc de Sceaux; Proust in the Park

 

Sous mon arbre, cet après-midi à 17 h, et en l'honneur des élections, je parlerai de l'amour dans La recherche.

[les homosexuels]

Quand le jour est venu où ils se sont découverts incapables à la fois de mentir aux autres et de se mentir à soi-même, ils partent vivre à la campagne, fuyant leurs pareils (qu’ils croient peu nombreux) par horreur de la monstruosité ou crainte de la tentation, et le reste de l’humanité par honte. N’étant jamais parvenus à la véritable maturité, tombés dans la mélancolie, de temps à autre, un dimanche sans lune, ils vont faire une promenade sur un chemin jusqu’à un carrefour, où, sans qu’ils se soient dit un mot, est venu les attendre un de leurs amis d’enfance qui habite un château voisin. Et ils recommencent les jeux d’autrefois, sur l’herbe, dans la nuit, sans échanger une parole. En semaine, ils se voient l’un chez l’autre, causent de n’importe quoi, sans une allusion à ce qui s’est passé, exactement comme s’ils n’avaient rien fait et ne devaient rien refaire, sauf, dans leurs rapports, un peu de froideur, d’ironie, d’irritabilité et de rancune, parfois de la haine.

Sodome et Gomorrhe, I

 

Under my tree, this afternoon, to honor Election day, I'll read about love in "In search of lost Time"

 

[homosexuals]

When the day has dawned on which they have discovered themselves to be incapable at once of lying to others and of lying to themselves, they go away to live in the country, shunning the society of their own kind (whom they believe to be few in number) from horror of the monstrosity or fear of the temptation, and that of the rest of humanity from shame. Never having arrived at true maturity, plunged in a constant melancholy, now and again, some Sunday evening when there is no moon, they go for a solitary walk as far as a crossroads where, although not a word has been said, there has come to meet them one of their boyhood’s friends who is living in a house in the neighbourhood. And they begin again the pastimes of long ago, on the grass, in the night, neither uttering a word. During the week, they meet in their respective houses, talk of no matter what, without any allusion to what has occurred between them, exactly as though they had done nothing and were not to do anything again, save, in their relations, a trace of coldness, of irony, of irritability and rancour, at times of hatred.

Cities of the Plain, I

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