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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

proustpourtous: que dire à un homme d'affaires; what to say to a business man

Publié le 1 Mars 2012 par laurence grenier

Je dois faire un petit speech (dans le cadre du Medef) appelé: Intermède proustien. La première citation de la Recherche qui me vienne à l'idée, n'est pas très appropriée:

 

Certes il est légitime que l’homme qui rédige des rapports, aligne des chiffres, répond à des lettres d’affaires, suit les cours de la bourse, éprouve, quand il vous dit en ricanant: «C’est bon pour vous qui n’avez rien à faire», un agréable sentiment de sa supériorité. Mais celle-ci s’affirmerait tout aussi dédaigneuse, davantage même (car dîner en ville, l’homme occupé le fait aussi), si votre divertissement était d’écrire Hamlet ou seulement de le lire. En quoi les hommes occupés manquent de réflexion. Car la culture désintéressée, qui leur paraît comique passe-temps d’oisifs quand ils la surprennent au moment qu’on la pratique, ils devraient songer que c’est la même qui, dans leur propre métier, met hors de pair des hommes qui ne sont peut-être pas meilleurs magistrats ou administrateurs qu’eux, mais devant l’avancement rapide desquels ils s’inclinent en disant: «Il paraît que c’est un grand lettré, un individu tout à fait distingué.»

Sodome et Gomorrhe, II,III

 

http://www.editionsdelaspirale.com/product/Les-sagesses-de-Marcel-Proust

 

 

I have to make a small lecture to a professional organisation (MEDEF) in Paris. The first Proust quotation coming to my mind is not very appropriate:

 

Certainly it is only right that the man who draws up reports, adds up figures, answers business letters, follows the movements of the stock exchange, should feel when he says to you with a sneer: “It’s all very well for you; you have nothing better to do,” an agreeable sense of his own superiority. But this would be no less contemptuous, would be even more so (for dining out is a thing that the busy man does also) were your recreation writing Hamlet or merely reading it. Wherein busy men shew a want of reflexion. For the disinterested culture which seems to them a comic pastime of idle people at the moment when they find them engaged in it is, they ought to remember, the same that in their own profession brings to the fore men who may not be better magistrates or administrators than themselves but before whose rapid advancement they bow their heads, saying: “It appears he’s a great reader, a most distinguished individual.”

Cities of the Plain, III

http://www.editionsdelaspirale.com/product/Les-sagesses-de-Marcel-Proust

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