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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PROUSTpourTOUS: la beauté d'un homme; a man's beauty

Publié le 15 Avril 2012 par laurence grenier

Une petite virée de 2 jours à Strasbourg:  temps clément, idyllique le second jour. Assise sur un banc à l'embarcadère des "batoramas" qui sillonnent l'Ill, j'attends Jules qui est en conversation téléphonique avec son hopital. Les candidats à la croisière sont pour la plupart gros, vieux et à figure moyen-âgeuse. Soudain,une exception s'appuie sur le cordage qui délimite la queue; un homme d'une trentaine d'années, d'une beauté telle que je me l'imagine pour Morel, le violoniste  dont le baron de Charlus s'éprend follement:

 

Quand M. de Charlus ne parlait pas de son admiration pour la beauté de Morel, comme si elle n'eût eu aucun rapport avec un goût – appelé vice – il traitait de ce vice, mais comme s'il n'avait été nullement le sien. Parfois même il n'hésitait pas à l'appeler par son nom. Comme, après avoir regardé la belle reliure de son Balzac, je lui demandais ce qu'il préférait dans la Comédie Humaine, il me répondit, dirigeant sa pensée vers une idée fixe : « Tout l'un ou tout l'autre, les petites miniatures comme le Curé de Tours et la Femme abandonnée, ou les grandes fresques comme la série des Illusions perdues. Comment ! vous ne connaissez pas les Illusions perdues ? C'est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche : c'est Rastignac, la demeure du jeune homme qu'il a aimé autrefois. Et l'abbé alors de tomber dans une rêverie que Swann appelait, ce qui était bien spirituel, la Tristesse d'Olympio de la pédérastie.

Sodome et Gomorrhe, II, III

 

CET APRES-MIDI AU PARC DE SCEAUX, A 17H  (entrée rue du Dr Berger à droite de l'église vue de face).

 

http://sceaux.blog.lemonde.fr/2012/04/10/la-pharmacienne-qui-declame-proust-sous-un-arbre/

 

A two day trip to Strasbourg: mild wheater, gorgeous on the second day. Sitting on a bench on the pier where the batoramas load their tourists, I am waiting for Jules, caught up in a long phone conversation with his hospital. Most  tourists are old, fat, with Middle Ages faces. Until a young man lean on the rope delimiting the line. He has the beauty I imagine for Morel, the violin player for whom the baron de Charlus falls crazyly in love.

 

When M. de Charlus was not speaking of his admiration for Morel’s beauty, as though it had no connexion with an inclination — called a vice — he would refer to that vice, but as though he himself were in no way addicted to it. Sometimes indeed he did not hesitate to call it by its name. As after examining the fine binding of his volume of Balzac I asked him which was his favourite novel in the Comédie Humaine , he replied, his thoughts irresistibly attracted to the same topic: “Either one thing or the other, a tiny miniature like the Curé de Tours and the Femme abandonnée , or one of the great frescoes like the series of Illusions perdues . What! You’ve never read Illusions perdues ? It’s wonderful. The scene where Carlos Herrera asks the name of the château he is driving past, and it turns out to be Rastignac, the home of the young man he used to love. And then the abbé falls into a reverie which Swann once called, and very aptly, the Tristesse d’Olympia of paederasty.

Cities on the Plain, III

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