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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust rock, Erik Satie, un texte sensuel

Publié le 25 Février 2013 par laurence grenier

Très belle soirée chez moi samedi soir, autour de James à  la guitare rock, et un nouvel invité, Hubert, qui nous joua un petit air de Satie, sur un clavier branché à mon ordinateur.... Isa, pour sa part, me rappela qu'elle était toujours à la recherche d'un passage de La Recherche, qui l'avait frappée comme très sexy. Elle l'a enfin retrouvé et le voici:

 

 

La marquise, se retournant, adressa un sourire et tendit la main à Swann qui s'était soulevé pour la saluer. Mais presque sans dissimulation, soit qu'une vie déjà avancée lui en eût ôté la volonté morale par l'indifférence à l'opinion, ou le pouvoir physique par l'exaltation du désir et l'affaiblissement des ressorts qui

aident à le cacher, dès que Swann eut, en serrant la main de la marquise, vu sa gorge de tout près et de haut, il plongea un regard attentif, sérieux, absorbé, presque soucieux, dans les profondeurs du corsage, et ses narines, que le parfum de la femme grisait, palpitèrent comme un papillon prêt à aller se poser sur la fleur entrevue. Brusquement il s'arracha au vertige qui l'avait saisi, et Mme de Surgis elle-même, quoique gênée, étouffa une respiration profonde, tant le désir est parfois contagieux.

Sodome et Gomorrhe, II, I

 

 

Very pleasant evening party, last Saturdy, at my place, around James playing rock guitar, and Hubert, a new guest, who played Erik Satie on the piano  - an electric keyboard connected to my computer. And Isa was looking for a sexy text coming from the Search...  She found it yesterday, and here it is:

 

The Marquise, turning round, addressed a smile and held out her hand to Swann, who had risen to greet her. But almost without concealment, whether in his declining days he had lost all wish for concealment, by indifference to opinion, or the physical power, by the excitement of his desire and the weakening of the control that helps us to conceal it, as soon as Swann, on taking the Marquise’s hand, saw her bosom at close range and from above, he plunged an attentive, serious, absorbed, almost anxious gaze into the cavity of her bodice, and his nostrils, drugged by the lady’s perfume, quivered like the wings of a butterfly about to alight upon a half-hidden flower. He checked himself abruptly on the edge of the precipice, and Mme. de Surgis herself, albeit annoyed, stifled a deep sigh, so contagious can desire prove at times.

Cities of the Plain

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S
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