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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: un vernis toxique; a toxic varnish

Publié le 4 Juin 2012 par laurence grenier

Pour la fête des Mères, sous mon arbre au Parc de Sceaux, j'ai lu le passage du "baiser"  extrait situé au début de Du côté de chez Swann, où le narrateur enfant doit monter un escalier pour aller se coucher sans que sa mère ne l'embrasse. Le vernis de cet escalier, une sorte de madeleine toxique, me rappelle que mon fils James va travailler cet été au BHV, où il devrait suggérer de vendre un "vernis d'escalier de Marcel Proust".

 

Cet escalier détesté où je m’engageais toujours si tristement, exhalait une odeur de vernis qui avait en quelque sorte absorbé, fixé, cette sorte particulière de chagrin que je ressentais chaque soir et la rendait peut-être plus cruelle encore pour ma sensibilité parce que sous cette forme olfactive mon intelligence n’en pouvait plus prendre sa part.

 

For Mother's Day, under my tree in the Parc de Sceaux, I read an excerptfrom "the kiss", in Swann's Way, where the narrator, a child, must climb a stair to go to bed without being able to kiss his mother.

 

That hateful staircase, up which I always passed with such dismay, gave out a smell of varnish which had to some extent absorbed, made definite and fixed the special quality of sorrow that I felt each evening, and made it perhaps even more cruel to my sensibility because, when it assumed this olfactory guise, my intellect was powerless to resist it.

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