Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

proust pour tous: tantes, potins et presse people

Publié le 20 Octobre 2010 par laurence grenier

Une collègue de bureau m'a mis de côté son dernier "France Dimanche", pour un article sur Proust et Céleste Albaret , signé Didier Balbec! Ce qui me rappelle ma grand'tante Mahou qui répondait à ceux qui critiquaient  son habitude de lire "France Dimanche":

- Je veux voir jusqu'où va la bêtise humaine.

Ce qu'elle s'efforçait de faire toutes les semaines....

 

D’autre part les deux sœurs de ma grand’mère, vieilles filles qui avaient sa noble nature mais non son esprit, déclarèrent ne pas comprendre le plaisir que leur beau-frère pouvait trouver à parler de niaiseries pareilles. C’étaient des personnes d’aspirations élevées et qui à cause de cela même étaient incapables de s’intéresser à ce qu’on appelle un potin, eût-il même un intérêt historique, et d’une façon générale à tout ce qui ne se rattachait pas directement à un objet esthétique ou vertueux. Le désintéressement de leur pensée était tel, à l’égard de tout ce qui, de près ou de loin semblait se rattacher à la vie mondaine, que leur sens auditif,— ayant fini par comprendre son inutilité momentanée dès qu’à dîner la conversation prenait un ton frivole ou seulement terre à terre sans que ces deux vieilles demoiselles aient pu la ramener aux sujets qui leur étaient chers,— mettait alors au repos ses organes récepteurs et leur laissait subir un véritable commencement d’atrophie.

 

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

 

On the other hand, my grandmother’s two sisters, elderly spinsters who shared her nobility of character but lacked her intelligence, declared that they could not conceive what pleasure their brother-in-law could find in talking about such trifles. They were ladies of lofty ambition, who for that reason were incapable of taking the least interest in what might be called the ‘pinchbeck’ things of life, even when they had an historic value, or, generally speaking, in anything that was not directly associated with some object aesthetically precious. So complete was their negation of interest in anything which seemed directly or indirectly a part of our everyday life that their sense of hearing — which had gradually come to understand its own futility when the tone of the conversation, at the dinner-table, became frivolous or merely mundane, without the two old ladies’ being able to guide it back to the topic dear to themselves — would leave its receptive channels unemployed, so effectively that they were actually becoming atrophied.

 

translated by K.C. Scott Moncrieff  Swann'sway, overture

 

 

 

Commenter cet article