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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: Stermaria, Kermaria, Bretagne

Publié le 23 Mai 2011 par laurence grenier

 

plouha.location.free.fr/chapelle-kermaria-plouha.html

Voyage en Bretagne: Kermaria, Plouha avec une très belle danse macabre, ça me rappelle Mr et Mlle de Stermaria.

Brittany: Kermaria, in Plouha with a macabre dance frescoe. It reminds me of Mr and Ms de Stermaria.

Kermaria

 

...mais nous y vîmes, en revanche, au bout d'un instant un hobereau et sa fille, d'une obscure mais très ancienne famille de Bretagne, M. et Mlle de Stermaria, dont on nous avait fait donner la table, croyant qu'ils ne rentreraient que le soir. Venus seulement à Balbec pour retrouver des châtelains qu'ils connaissaient dans le voisinage, ils ne passaient dans la salle à manger de l'hôtel, entre les invitations acceptées au dehors et les visites rendues, que le temps strictement nécessaire. C'était leur morgue qui les préservait de toute sympathie humaine, de tout intérêt pour les iconnus assis autour d'eux, et au milieu desquels M. de Stermaria gardait l'air glacial, pressé, distant, rude, pointilleux et malintentionné, qu'on a dans un buffet de chemin de fer au milieu des voyageurs qu'on n'a jamais vus, qu'on ne reverra pas, et avec qui on ne conçoit d'autres rapports que de défendre contre eux son poulet froid et son coin dans le wagon.

A l'ombre des jeunes filles en fleurs, II

 

... we did however see a moment later a country squire and his daughter, of an obscure but very ancient Breton family, M. and Mlle de Stermaria, whose table had been allotted to us in the belief that they had gone out and would not be back until the evening. Having come to Balbec only to see various country magnates whom they knew in that neighbourhood, they spent in the hotel dining-room, what with the invitations they accepted and the visits they paid, only such time as was strictly unavoidable. It was their haughtiness that preserved them intact from all human sympathy, from arousing the least interest in the strangers seated round about them, among whom M. de Stermaria kept up the glacial, preoccupied, distant, stiff, punctilious and ill-intentioned air that we assume in a railway refreshment-room in the midst of fellow-passengers whom we have never seen before and will never see again, and with whom we can conceive of no other relations than to defend from their onslaught our "portion" of cold chicken and our corner seat in the train.

 

Within a budding grove, Place-names: the place

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