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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous répond à une lectrice; answering a reader

Publié le 18 Octobre 2010 par laurence grenier

Aujourd'hui une lectrice me demande dans quel partie de A la recherche du temps perdu, se situe de la découverte de la proximité des côtés de chez Swann et de Guermantes.

Laurence Grenier

 

A reader asked me today where to find in In search of lost time, the text where the narrator discovers that Swann's way is close to Guermantes's way:

 

Je me rappelle que dans ces conversations que nous avions en nous promenant elle me dit des choses qui plusieurs fois m’étonnèrent beaucoup. La première fut: « Si vous n’aviez pas trop faim et s’il n’était pas si tard, en prenant ce chemin à gauche et en tournant ensuite à droite, en moins d’un quart d’heure nous serions à Guermantes. » C’est comme si elle m’avait dit: « Tournez à gauche, prenez ensuite à votre main droite, et vous toucherez l’intangible, vous atteindrez les inaccessibles lointains dont on ne connaît jamais sur terre que la direction, que (ce que j’avais cru jadis que je pourrais connaître seulement de Guermantes, et peut-être, en un sens, je ne me trompais pas) le « côté ». Un de mes autres étonnements fut de voir les « Sources de la Vivonne », que je me représentais comme quelque chose d’aussi extra-terrestre que l’Entrée des Enfers, et qui n’étaient qu’une espèce de lavoir carré où montaient des bulles. Et la troisième fois fut quand Gilberte me dit: « Si vous voulez, nous pourrons tout de même sortir un après-midi et nous pourrons aller à Guermantes, en prenant par Méséglise, c’est la plus jolie façon », – phrase qui, en bouleversant toutes les idées de mon enfance, m’apprit que les deux côtés n’étaient pas aussi inconciliables que j’avais cru.

 

Marcel Proust La prisonnière chapitre IV

 

 

I remember that, in the course of our conversations while we took these walks, she said things which often surprised me greatly. The first was: “If you were not too hungry and if it was not so late, by taking this road to the left and then turning to the right, in less than a quarter of an hour we should be at Guermantes.” It was as though she had said: “Turn to the left, then the first turning on the right and you will touch the intangible, you will reach the inaccessibly remote tracts of which we never upon earth know anything but the direction, but” (what I thought long ago to be all that I could ever know of Guermantes, and perhaps in a sense I had not been mistaken) “the ‘way.’” One of my other surprises was that of seeing the ‘source of the Vivonne’ which I imagined as something as extraterrestrial as the Gates of Hell, and which was merely a sort of rectangular basin in which bubbles rose to the surface. And the third occasion was when Gilberte said to me: “If you like, we might go out one afternoon, and then we can go to Guermantes, taking the road by Méséglise, it is the nicest walk,” a sentence which upset all my childish ideas by informing me that the two ‘ways’ were not as irreconcilable as I had supposed.

 

The sweet cheat gone, chapter IV, translated by K.C. Scott Moncrieff

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A
<br /> <br /> Merci mille fois! je suis ébahie de votre rapidité et donc de votre connaissance de ce texte magnifique que j'ai lu il y a une quinzaine d'années et que je n'ai pas le temps de relire. Il m'en<br /> reste certaines fulgurances que je n'arrive plus à situer dans l'ensemble<br /> <br /> <br /> Meilleures salutations<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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