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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: Renaissance italienne

Publié le 20 Novembre 2011 par laurence grenier

A la fin de ma dernière conférence sur Proust, un spectateur m'a posé une question sur le rapport entre le narrateur et les peintres de la Renaissance italienne. Je me rappelai la "charité Giotto", une fille de cuisine qui aidait Françoise à éplucher les asperges, mais je ne me souvenais plus à qui ressemblait Rémi, le cocher de Swann.

 

Swann avait toujours eu ce goût particulier d'aimer à retrouver dans la peinture des maîtres non pas seulement les caractères généraux de la réalité qui nous entoure, mais ce qui semble au contraire le moins susceptible de généralité, les traits individuels des visages que nous connaissons: ainsi, dans la matière d'un buste du doge Lorédan par Antoine rizzo, la saillie des pommettes, l'obliquité des sourcils, enfin la ressemblance criante de son cocher Rémi; sous les couleurs d'un Ghirlandajo, le nez de M. de Palancy; dans un portrait du Tintoret, l'envahissement du gras de la joue par l'implantation des premiers poils des favoris, la cassure du nez, la pénétration du regard, la congestion des paupières du docteur du Boulbon.

Du côté de chez Swann, II

 

 

 

A the end of my last lecture on Proust, a spectator asked me about the connection between the narrator and Italian Renaissance painters. I could remember the "Giotto charity", a kitchen aid for Françoise in Aunt Léonie's house, but not to whom Swann's coachman looked like.

 

He had always found a peculiar fascination in tracing in the paintings of the old masters not merely the general characteristics of the people whom he encountered in his daily life, but rather what seems least susceptible of generalisation, the individual features of men and women whom he knew: as, for instance, in a bust of the Doge Loredan by Antonio Rizzo, the prominent cheekbones, the slanting eyebrows, in short, a speaking likeness of his own coachman Rémi; in the coloring of a Ghirlandaio, the nose of M. de Palancy; in a portrait  by Tintoretto, the invasion of the cheek by an outcrop of whisker, the broken nose, the penetrating stare, the swollen eyelids of Dr du Boulbon.

Swann's way, Swann in love

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