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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: les intermittences du coeur; the intermittencies of the heart

Publié le 14 Juin 2011 par laurence grenier

De manière assez cyclique j'ai une envie très forte de faire une scène à mon Jules: suis-je bipolaire? ou simple victime (je parle de mon jules) des INTERMITTENCES DU COEUR ,

 

Periodically I feel the urge to make a scene to my boyfriend: am I bipolar? or simply a victim (I am mainly speaking of him) or the INTERMITTENCIES OF THE HEART ?

 

 

  Car aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur. C’est sans doute l’existence de notre corps, semblable pour nous à un vase où notre spiritualité serait enclose, qui nous induit à supposer que tous nos biens intérieurs, nos joies passées, toutes nos douleurs sont perpétuellement en notre possession. Peut-être est-il aussi inexact de croire qu’elles s’échappent ou reviennent. En tout cas, si elles restent en nous c’est, la plupart du temps, dans un domaine inconnu où elles ne sont de nul service pour nous, et où même les plus usuelles sont refoulées par des souvenirs d’ordre différent et qui excluent toute simultanéité avec elles dans la conscience. Mais si le cadre de sensations où elles sont conservées est ressaisi, elles ont à leur tour ce même pouvoir d’expulser tout ce qui leur est incompatible, d’installer seul en nous, le moi qui les vécut.

Sodome et Gomorrhe: II, chapitre premier

 

 

For with the troubles of memory are closely linked the heart’s intermissions. It is, no doubt, the existence of our body, which we may compare to a jar containing our spiritual nature, that leads us to suppose that all our inward wealth, our past joys, all our sorrows, are perpetually in our possession. Perhaps it is equally inexact to suppose that they escape or return. In any case, if they remain within us, it is, for most of the time, in an unknown region where they are of no service to us, and where even the most ordinary are crowded out by memories of a different kind, which preclude any simultaneous occurrence of them in our consciousness. But if the setting of sensations in which they are preserved be recaptured, they acquire in turn the same power of expelling everything that is incompatible with them, of installing alone in us the self that originally lived them..

Cities of the plain: part two, chapter one


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