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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: le look après 50 ans

Publié le 23 Octobre 2010 par laurence grenier

New York Times 21 octobre 2010: Dominique Brown écrit: Why can't middle-aged women have long hair?

 

Les traits où s’était gravée sinon la jeunesse, du moins la beauté ayant disparu chez les femmes, elles avaient cherché si, avec le visage qui leur restait, on ne pouvait pas s’en faire un autre. Déplaçant le centre, sinon de gravité, du moins de perspective, de leur visage, en composant les traits autour de lui suivant un autre caractère, elles commençaient à cinquante ans une nouvelle sorte de beauté, comme on prend sur le tard un nouveau métier, ou comme  à une terre qui ne vaut plus rein pour la vigne on fait produire des betteraves. Autour de ces traits nouveaux on faisait fleurir une nouvelle jeunesse. Seules ne pouvaient s’accommoder de ces transformations les femmes trop belles, ou les trop laides. Les premières, sculptées comme un marbre aux lignes définitives duquel on ne peut plus rien changer, s’effritaient comme une statue. Les secondes, celles qui avaient quelque difformité sur la face, avaient même sur les belles certains avantages. D’abord, c’étaient les seules qu’on reconnaissait tout de suite. On savait qu’il n’y avait pas à Paris deux bouches pareilles et la leur me les faisait reconnaître dans cette matinée où je ne reconnaissais plus personne. Et puis elles n’avaient même pas l’air d’avoir vieilli.

 

Marcel Proust Le Temps retrouvé

 

Women tried to keep touch with the particular charm which had most distinguished them but the fresh matter that time had added to their faces would not permit of it. The features moulded by beauty, having disappeared in roost cases, they tried to construct another one with the relics. By displacing the centre of perspective if not of gravity in the face and recomposing its features to accord with the new character, they began building up a new sort of beauty at fifty as a man takes up a new profession late in life or as soil no longer good for the vine is used to produce beetroot. This caused a new youth to flower round the new features. But those who had been too beautiful or too ugly could not accommodate themselves to these transformations. The former modelled like marble on definitive lines which cannot be changed, crumbled away like a statue, the latter who had some facial defect had even an advantage over them.

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