Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

proust pour tous: la "madeleine" de Chateaubriand

Publié le 10 Mars 2012 par laurence grenier

Jules est en train de lire les Mémoires d'outre-tombe, et il trouve que Chateaubriand est vraiment le génie littéraire du XIX ème siècle, un styliste qui domine tous les écrivains de son temps. De plus il aime que ce soit des Mémoires. Dans le livre, tout commence avec l'épisode de la grive, dont se sert le narrateur de la Recherche pour justifier la légitimité de son oeuvre à venir.

 

 

N’est-ce pas à mes sensations du genre de celle de la madeleine qu’est suspendue la plus belle partie des

 

Mémoires d’Outre-Tombe : « Hier au soir je me promenais seul... je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d’une grive perchée sur la plus haute branche d’un bouleau. À l’instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel ; j’oubliai les catastrophes dont je venais d’être le témoin et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j’entendis si souvent siffler la

grive. » Et une des deux ou trois plus belles phrases de ces Mémoires n’est-elle pas celle-ci : « Une odeur fine et suave d’héliotrope s’exhalait d’un petit carré de fèves en fleurs ; elle ne nous était point apportée par une brise de la patrie, mais par un vent sauvage de Terre-Neuve, sans relation avec la plante exilée, sans sympathie de réminiscence et de volupté. Dans ce parfum, non respiré de la beauté, non épuré dans son sein, non répandu sur ses traces, dans ce parfum chargé d’aurore, de culture et de monde, il y avait toutes les mélancolies des regrets, de l’absence et de la jeunesse. »

Le Temps retrouvé



Is not the most beautiful part of the Mémoires d’Outre-Tombe assimilable with my sensations relative to the madeleine: “Yesterday evening I was walking alone.... I was drawn from my reflections by the warbling of a thrush perched upon the highest branch of a birch tree. At that instant the magical sound brought my paternal home before my eyes; I forgot the catastrophes of which I had been a witness and, transported suddenly into the past, I saw again that country where I had so often heard the thrush sing.” And is not this, one of the two or three most beautiful passages in the Mémoires : “A delicate and subtle odour of heliotrope was exhaled by a cluster of scarlet runners in flower; that odour was not brought us by a breeze from the homeland but by a wild Newfoundland wind, without relation to the exiled plant, without sympathy with memory and joy. In that perfume which beauty had not breathed nor purified in its breast nor spread abroad upon its path, in that perfume permeated by the light of dawn, of culture and of life, there was all the melancholy of regret, of exile and of youth.”

Commenter cet article
B
Au fil de la lecture, nocturne, des mémoires, la pensée s’en est immiscée: Grive de Chateaubriand ou Madeleine de Proust? Combourg ou Combray, c’est alors que je tombe sur votre blog...
Répondre