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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

proust pour tous et tous pour proust: respiration, breath

Publié le 26 Mars 2011 par laurence grenier

Devant parler à un congrès de pneumologie, j'ai pris comme sujet les métaphores et passages concernant la respiration dans A la recherche du temps perdu.

I just gave a speech for a doctors' convention, my topic was breath metaphors or excerpts from Remembrance of Things Past.

 

Sa respiration peu à peu plus profonde maintenant soulevait régulièrement sa poitrine et, par-dessus elle, ses mains croisées, ses perles, déplacées d'une manière différente par le même mouvement, comme ces barques, ces chaînes d'amarre que fait osciller le mouvement du flot. Alors, sentant que son sommeil était dans son plein, et que je ne me heurterais pas à des écueils de conscience recouverts maintenant par la pleine mer du sommeil profond, délibérément je sautais sans bruit sur le lit, je me couchais au long d'elle, je prenais sa taille d'un de mes bras, je posais mes lèvres sur sa joue et sur son coeur, puis sur toutes les parties de son corps posais ma seule main restée libre, et qui était soulevée ainsi comme les perles, par la respiration d'Albertine; moi-même, j'étais déplacé légèrement par son mouvement régulier. Je m'étais embarqué sur le sommeil d'Albertine.

La prisonnière

 

Her breathing, as it became gradually deeper, was now regularly stirring her bosom and, through it, her folded hands, her pearls, displaced in a different way by the same movement, like the boats, the anchor chains that are set swaying by the movement of the tide. Then, feeling that the tide of her sleep was full, that I should not ground upon reefs of consciousness covered now by the high water of profound slumber, deliberately, I crept without a sound upon the bed, lay down by her side, clasped her waist in one arm, placed my lips upon her cheek and heart, then upon every part of her body in turn laid my free hand, which also was raised, like the pearls, by Albertine’s breathing; I myself was gently rocked by its regular motion:  I had embarked upon the tide of Albertine’s sleep.

 The Captive 


 


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