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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: d'où vient le coup? who fired the shot?

Publié le 10 Avril 2011 par laurence grenier

Avant d'accuser ou même de soupçonner quelqu'un du coup bas qui a été porté à vos projets, bien s'assurer de l'origine du coup: on se trompe souvent...

Before accusing or even just suspecting somebody for the low blow aimed at your project, be sure that you know who is the culprit - we often have it wrong.

 

L'ambassadeur disgracié, le chef de bureau mis à la retraite, le mondain à qui on bat froid, l'amoureux éconduit examinent parfois pendant des mois l'évènement qui a brisé leurs espérances; ils le tournent et le retournent comme un projectile tiré on ne sait d'où ni on ne sait par qui, pour un peu un aérolithe. Ils voudraient bien connaître les éléments composants de cet étrange engin qui a fondu sur eux, savoir quelles volontés mauvaises on peut y reconnaître. Les chimistes au moins disposent de l'analyse; les malades souffrant d'un mal dont ils ne savent pas l'origine peuvent faire venir le médecin. Et les affaires criminelles sont plus ou moins débrouillées par le juge d'instruction. Mais les actions déconcertantes de nos semblables, nous en découvrons rarement les mobiles....

Allant d'une supposition à l'autre, M. de Charlus ne fit jamais la vraie, à savoir que le coup n'était nullement parti de Morel.

La prisonnière

 

The ambassador who has been recalled, the undersecretary placed suddenly on the retired list, the man about town whom people began to cut, the lover who has been shewn the door examine sometimes for months on end the event that has shattered their hopes; they turn it over and over like a projectile fired at them they know not whence or by whom, almost as though it were a meteorite. They would fain know the elements that compose this strange engine which has burst upon them, learn what hostilities may be detected in them. Chemists have at least the power of analysis; sick men suffering from a malady the origin of which they do not know can send for the doctor; criminal mysteries are more or less solved by the examining magistrate. But when it comes to the disconcerting actions of our fellow-men, we rarely discover their motives...

Flitting from one supposition to another, the Baron never arrived at the truth, which was that the blow had not come from Morel.

The Captive

 

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