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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

proust pour tous: au théâtre; at the theater

Publié le 17 Janvier 2012 par laurence grenier

Mon neveu Paul-Alexandre (Riri) a mis en scène un spectacle, pour la première fois, et avec beaucoup de talent (un texte d'HaroldPinter, ça n'a duré que 40 mn, mais c'était très réussi). Et comme j'applaudissais je pensais au plaisir d'aller au théâtre pour la première fois.

 

Mon plaisir s'accrut encore quand je commençai à distinguer derrière ce rideau baissé des bruits confus comme on en entend sous la coquille d'un oeuf quand le poussin va sortir, qui bientôt grandirent, et tout à coup, de ce monde impénétrable à notre regard, mais qui nous voyait du sien, s'adressèrent indubitablement à nous sous la forme impérieuse de trois coups aussi émouvants que des signaux venus de la planète Mars. Et - ce rideau une fois levé - quand sur la scène une table à écrire et une cheminée, assez ordinaires d'ailleurs, signifièrent que les personnages qui allaient entrer seraient, non pas des acteurs venus pour réciter comme j'en avais vus une fois en soirée, mais des hommes en train de vivre chez eux un jour de leur vie dans laquelle je pénétrais par effraction sans qu'ils pussent me voir, mon plaisir continua de durer;

A l'ombre des jeunes filles en fleurs, I

 

 

Paul-Alexandre (Riri), a nephew, just directed his first show ( text by Harold Pinter) with much talent. It lasted only 40 mn, but while I was applauding, I thought with nostalgia of the delightful thing that it is to attend a play for the first time.

 

My pleasure increased further when I began to distinguish behind the said lowered curtain such confused rappings as one hears through the shell of an egg before the chicken emerges, sounds which speedily grew louder and suddenly, from that world which, impenetrable by our eyes, yet scrutinised us with its own, addressed themselves, and to us indubitably, in the imperious form of three consecutive hammer-blows as moving as any signals from the planet Mars. And — once this curtain had risen,— when on the stage a writing-table and a fireplace, in no way out of the ordinary, had indicated that the persons who were about to enter would be, not actors come to recite, as I had seen them once and heard them at an evening party, but real people, just living their lives at home, on whom I was thus able to spy without their seeing me — my pleasure still endured;

Within a budding grove (trad S.C. Scott Moncrief)

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