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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Proust pour tous: accepté en société; accepted by society

Publié le 6 Novembre 2011 par laurence grenier

Mon neveu William, qui était très esseulé en faculté de droit, a changé pour une fac de gestion. Il n'est plus le même car, a-t-il confié à sa mère, il a rencontré en 2 mois plus de camarades que les 2 années précédentes, grâce à une nouvelle connaissance qui, dès le début de l'année scolaire, a annoncé: "Je veux connaître tout le monde ici." Et depuis, tout le monde veut le connaître. L'opposé de la bonne société qui se replie sur elle-même.

 

Mme de Cambremer elle-même devint assez indifférente à l'amabilité de la duchesse de Guermantes. Celle-ci, obligée de fréquenter la marquise, s'était aperçue, comme il arrive chaque fois qu'on vit davantage avec des êtres humains, c'est-à-dire mêlés de qualités qu'on finit par découvrir et de défauts auxquels on finit par s'habituer, que Mme de Cambremer était une femme douée d'une intelligence et pourvue d'une culture que, pour ma part, j'appréciais peu, mais qui parurent remarquables à la duchesse. Elle vint donc souvent, à la tombée du jour, voir Mme de Cambremer et lui faire de longues visites. Mais le charme merveilleux que celle-ci se figurait exister chez la duchesse de Guermantes s'évanouit dès qu'elle s'en vit recherchée, et elle la recevait plutôt par politesse que par plaisir.

Albertine disparue

 

My  nephew William, very lonely in law school, switched to a management school. He has been transformed by the happiness of having found a buddy who announced early in the academic year that: "I want to know everybody here." and everybody wants to know him. Unlike what occurs in a snobish closed society.

  

 Mme de Cambremer herself became almost indifferent to the friendly overtures of the Duchesse de Guermantes. The latter, obliged to see something of the Marquise, had noticed, as happens whenever we come to see more of our fellow creatures, that is to say as combinations of good qualities which we eventually discover and defects to which we eventually grow accustomed, that Mme de Cambremer was a woman endowed with an intelligence and culture which were little to my taste but which appeared remarkable to the Duchess. And so she often went to see Mme de Cambremer in the late afternoon and paid her long visits. But the fabulous charm which her hostess imagined to exist in the Duchesse de Guermantes vanished as soon as she found herself sought after by her, and she received her out of politeness rather than pleasure.

The fugitive

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