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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

"De l'Allemagne" au Louvre; German Thought and Painting, a Louvre exhibition

Publié le 30 Avril 2013 par proust pour tous

Les journalistes allemands ont raison: l'exposition "De l'Allemagne" au Louvre est un rappel que l'esprit teuton peut conduire aux nazisme (l'extrait de Metropolis de Fritz Lang est terrifiant). De plus une grande quantité des oeuvres choisies (du XVIIIème, qui copient les Italiens  de la Renaissance...) est comme une moquerie adressée aux lourdauds d'outre-Rhin.

 

(le Prince Von Faffenheim, dit Von, au sujet de l'empereur Guillaume II):

—L’empereur est d’une intelligence inouïe, reprit le prince, il aime passionnément les arts; il a sur les oeuvres d’art un goût en quelque sorte infaillible, il ne se trompe jamais; si quelque chose est beau, il le reconnaît tout de suite, il le prend en haine. S’il déteste quelque chose, il n’y a aucun doute à avoir, c’est que c’est excellent. (Tout le monde sourit.)

—Vous me rassurez, dit la princesse.

—Je comparerai volontiers l’empereur, reprit le prince qui, ne sachant pas prononcer le mot archéologue (c’est-à-dire comme si c’était écrit kéologue), ne perdait jamais une occasion de s’en servir, à un vieil archéologue (et le prince dit arshéologue) que nous avons à Berlin. Devant les anciens monuments assyriens le vieil arshéologue pleure. Mais si c’est du moderne truqué, si ce n’est pas vraiment ancien, il ne pleure pas. Alors, quand on veut savoir si une pièce arshéologique est vraiment ancienne, on la porte au vieil arshéologue. S’il pleure, on achète la pièce pour le musée. Si ses yeux restent secs, on la renvoie au marchand et on le poursuit pour faux. Eh bien, chaque fois que je dîne à Potsdam, toutes les pièces dont l’empereur me dit: «Prince, il faut que vous voyiez cela, c’est plein de génialité», j’en prends note pour me garder d’y aller, et quand je l’entends fulminer contre une exposition, dès que cela m’est possible j’y cours.

Le côté de Guermantes, II,II

 


 

German journalists who have criticized the Louvre exhibition on German painting from 1800 to 1930 are right: it reminds us that not only the nazis were coming (see the Metropolis film excerpt), but Germans were heavyfooted  in their artistic tastes . It is a  new exercise in French mockery.

 

(Prince Von Faffenheim, aka. Von, about the Emperor William II):

“The Emperor is a man of astounding intelligence,” resumed the Prince, “he is passionately fond of the arts he has for works of art a taste that is practically infallible, if a thing is good he spots it at once and takes a dislike to it. If he detests anything there can be no more doubt about it, the thing is excellent.“Everyone smiled. “You set my mind at rest,” said the Duchess. “I should be inclined to compare the Emperor,” went on the Prince, who, not knowing how to pronounce the word archaeologist (that is to say, as though it were spelt ‘arkeologist’), never missed an opportunity of using it, “to an old archaeologist” (but the Prince said ‘arsheologist’) “we have in Berlin. If you put him in front of a genuine Assyrian antique, he weeps. But if it is a modern sham, if it is not really old, he does not weep. And so, when they want to know whether an arsheological piece is really old, they take it to the old arsheologist. If he weeps, they buy the piece for the Museum. If his eyes remain dry, they send it back to the dealer, and prosecute him for fraud. Well, every time I dine at Potsdam, if the Emperor says to me, of a play: ‘Prince, you must see that, it’s a work of genius,’ I make a note not to go to it; and when I hear him fulminating against an exhibition, I rush to see it at the first possible opportunity.”

The Guermantes Way II,II

 

 

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Claude Wittezaële 01/05/2013 12:05


Chère Laurence


Pas d'accord ! ne peut-on pas tout simplement admirer les toiles de C.D. Friedrich et méditer sur les rapports entre la Nature et l'Homme ? Dans quelques semaines nous irons admirer ses toiles à
Hambourg, Greifswald, Berlin et Dresde et nous ne nous sentons aucunement concernés par les déviances que d'aucuns attribuent à cette peinture.