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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

de Julien Gracq et Dino Buzzati; Virginia Woolf; at random

Publié le 27 Juin 2013 par proust pour tous

Suite au Salon des Indépendants, je discutai au labo hier de ma rencontre avec ce jeune amateur de Gracq: le pharmacien avec lequel je travaille me dit qu'il avait lu Le rivage des Syrtes au moins une dizaine de fois, et qu'il le lisait "en miroir" avec Le Désert des Tartares de Dino Buzzati, sujet très proche, traitement littéraire différent: la longue attente avant le fait historique. je vais les lire.

 

Je vais aussi lire un livre fortement recommandé par Monique La promenade au phare de Virginia Woolf, auteur atteint du syndrome de la page blanche après avoir lu Proust, car elle pensa un moment que tout avait été écrit.

 

AU HASARD: je fais comme les proustiens qui ouvrent la Recherche n'importe où, et s'en régalent:

 

Je me rappelai ce que j’avais entendu raconter des domestiques de M. de Charlus et de leur dévouement à leur maître. On ne pouvait pas tout à fait dire de lui comme du prince de Conti qu’il cherchait à plaire aussi bien au valet qu’au ministre, mais il avait si bien su faire des moindres choses qu’il demandait une espèce de faveur, que, le soir, quand, ses valets assemblés autour de lui à distance respectueuse, après les avoir parcourus du regard, il disait: «Coignet, le bougeoir!» ou: «Ducret, la chemise!», c’est en ronchonnant d’envie que les autres se retiraient, envieux de celui qui venait d’être distingué par le maître. Deux, même, lesquels s’exécraient, essayaient chacun de ravir la faveur à l’autre, en allant, sous le plus absurde prétexte, faire une commission au baron, s’il était monté plus tôt, dans l’espoir d’être investi pour ce soir-là de la charge du bougeoir ou de la chemise.

Le côté de Guermantes, II, II

 

 

AT RANDOM: doing like all proustians, I open the book and read:

 

I was reminded of the things I had heard about M. de Charlus’s servants and their devotion to their master. One could not quite say of him as of the Prince de Conti that he sought to give pleasure as much to the valet as to the Minister, but he had shewn such skill in making of the least thing that he asked of them a sort of personal favour that at night, when, his body-servants assembled round him at a respectful distance, after running his eye over them he said: “Coignet, the candlestick!” or “Ducret, the nightshirt!” it was with an envious murmur that the rest used to withdraw, jealous of him who had been singled out by his master’s favour. Two of them, indeed, who could not abide one another, used to try to snatch the favour each from his rival by going on the most flimsy pretext with a message to the Baron, if he had gone upstairs earlier than usual, in the hope of being invested for the evening with the charge of candlestick or nightshirt.

The Guermantes Way, II, II

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