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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

comment pourrir une soirée; spoiling a party

Publié le 20 Septembre 2012 par laurence grenier

Ce samedi, dans l'ancienne mairie de Sceaux, je donne un petit spectacle pour célébrer Pascale Krémer, la journaliste du Monde qui a tenu pendant un an un blog "Au pied du château", une chronique de Sceaux avant les élections présidentielles de 2012. J'espère que l'ambiance sera chaleureuse et que personne ne viendra persifler.

 

[le baron de Charlus] -  Vous comprenez, il faut éviter les gaffes quand nous donnons une fête qui doit être digne de Vinteuil, de son génial interprète, de vous, et, j’ose le dire, de moi. Vous auriez invité la Molé que tout était raté. C’était la petite goutte contraire, neutralisante, qui rend une potion sans vertu. L’électricité se serait éteinte, les petits fours ne seraient pas arrivés à temps, l’orangeade aurait donné la colique à tout le monde. C’était la personne à ne pas avoir. À son nom seul, comme dans une féerie, aucun son ne serait sorti des cuivres ; la flûte et le hautbois auraient été pris d’une extinction de voix subite. Morel lui-même, même s’il était parvenu à donner quelques sons, n’aurait plus été en mesure, et au lieu du septuor de Vinteuil, vous auriez eu sa parodie par Beckmesser, finissant au milieu des huées. Moi qui crois beaucoup à l’influence des personnes, j’ai très bien senti, dans l’épanouissement de certain largo, qui s’ouvrait jusqu’au fond comme une fleur, dans le surcroît de satisfaction du finale, qui n’était pas seulement allégro mais incomparablement allègre, que l’absence de la Molé inspirait les musiciens et dilatait de joie jusqu’aux instruments de musique eux-mêmes. D’ailleurs, le jour où on reçoit les souverains on n’invite pas sa concierge.

 La prisonnière

 

 

Saturday I am giving a show in Sceaux, to celebrate a journalist - Pascale Kremer - who wrote a blog for one year, around the town's inhabitants during an election year. I hope that nobody will spoil the evening...

 

 

[Charlus] - You understand, we must avoid blunders when we are giving a party which ought to be worthy of Vinteuil, of his inspired interpreter, of yourself, and, I venture to say, of me. You were prepared to invite the Molé, and everything would have been spoiled. It would have been the little contrary, neutralising drop which deprives a potion of its virtue. The electric lights would have fused, the pastry would not have come in time, the orangeade would have given everybody a stomachache. She was the one person not to invite. At the mere sound of her name, as in a fairy-tale, not a note would have issued from the brass; the flute and the hautboy would have been stricken with a sudden silence. Morel himself, even if he had succeeded in playing a few bars, would not have been in tune, and instead of Vinteuil’s septet you would have had a parody of it by Beckmesser, ending amid catcalls. I, who believe strongly in personal influence, could feel quite plainly in the expansion of a certain largo, which opened itself right out like a flower, in the supreme satisfaction of the finale, which was not merely allegro but incomparably allegro, that the absence of the Molé was inspiring the musicians and was diffusing joy among the very instruments themselves. In any case, when one is at home to Queens one does not invite one’s hall-portress.”

The Captive

 

 

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M
Just read the article on spoiling a party. These ideas are new to me. It’s quite funny but informative and interesting. It has a good content and message. What you think about entertainments and celebrations is impressive. Thank you so much for sharing excellent reviews like this.
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H
Thanks a lot for the wonderful article
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Z
<br /> Ah Ah Ah !!! J'adore Charlus !!!<br />
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