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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Amour; Love

Publié le 6 Août 2013 par proust pour tous

Hier soir, dîner chez moi avec Jules, mes enfants Gigi et James accompagné de Jubie. Autour d'un verre de délicieux champagne, Jules: "Proust ne connait rien à l'amour, on sent bien dans La Recherche, que le narrateur n'a jamais aimé ou du moins qu'il n'a jamais vécu d'amour heureux". Quoi, Proust pas aimant ni aimé!

 

Mademoiselle Albertine est partie ! Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! Il y a un instant, en train de m’analyser, j’avais cru que cette séparation sans s’être revus était justement ce que je désirais, et comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu’elle me privait de réaliser, je m’étais trouvé subtil, j’avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l’aimais plus. Mais ces mots : « Mademoiselle Albertine est partie » venaient de produire dans mon coeur une souffrance telle que je ne pourrais pas y résister plus longtemps. Ainsi ce que j’avais cru n’être rien pour moi, c’était tout simplement toute ma vie. Comme on s’ignore !

Albertine disparue (incipit)

 

Last night, at dinner, Jules (my boyfriend) tried to teach my children Gigi and James (with  his girlfriend Jubie) that Proust knew nothing about loving and being loved. WHAT! Proust neither loved or loving !

 

“Mademoiselle Albertine has gone!” How much farther does anguish penetrate in psychology than psychology itself! A moment ago, as I lay analysing my feelings, I had supposed that this separation without a final meeting was precisely what I wished, and, as I compared the mediocrity of the pleasures that Albertine afforded me with the richness of the desires which she prevented me from realising, had felt that I was being subtle, had concluded that I did not wish to see her again, that I no longer loved her. But now these words: “Mademoiselle Albertine has gone!” had expressed themselves in my heart in the form of an anguish so keen that I would not be able to endure it for any length of time. And so what I had supposed to mean nothing to me was the only thing in my whole life. How ignorant we are of ourselves.

The Fugitive (incipit)

 

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B
amour et état amoureux. &quot; Une confusion qui voue la quête de l'amour au malheur&quot; dites vous. Une confusion qui voue la quête de l'amour au malheur d'être humain je rajoute zaza.<br /> <br /> – Savez-vous ce dont j’ai peur, lui dis-je, c’est que si nous continuons comme cela, je ne puisse pas m’empêcher de vous embrasser.<br /> – Ce serait un beau malheur.<br /> <br /> Proust / Le côté de Guermantes ( II)
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Z
<br /> Jules n'a pas tort...Proust, comme beaucoup, confond l'amour avec l'état amoureux. Une confusion qui voue la quête de l'amour au malheur.<br />
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