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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

CHORALE PROUSTIENNE SANS MUSIQUE : la partition

Publié le 23 Janvier 2023 par proust pour tous

 

 

Toujours suite à l'enquête poursuivie sur facebook auprès des FANS DE MARCEL PROUST, une partition composée des phrases préférées de plus de 300 fans. La chorale se réunira à Paris au PALAIS ROYAL, en marge des "PAR COEUR AU PALAIS ROYAL" qui se tiennent les 2ème mardi et 2ème vendredi de chaque mois. Et peut-être à ILLIERS COMBRAY ? et à SCEAUX ? 

 

CHORALE PROUSTIENNE SANS MUSIQUE

La partition est faite de phrases choisies et apprises par cœur par quelques centaines de fans de Marcel Proust. Les titres sont dits par le chef de la chorale.

 

JE ME RAPPELLE

"Mais, quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir. " CS

 

MA VIE

QUAND J’ÉTAIS ENFANT

"Combray, de loin, à dix lieues à la ronde, vu du chemin de fer quand nous y arrivions la dernière semaine avant Pâques, ce n'était qu'une église résumant la ville, la représentant, parlant d'elle et pour elle aux lointains, et, quand on approchait, tenant serrés autour de sa haute mante sombre, en plein champ, contre le vent, comme une pastoure ses brebis, les dos laineux et gris des maisons rassemblées qu'un reste de remparts du Moyen Âge cernait çà et là d'un trait aussi parfaitement circulaire qu'une petite ville dans un tableau de primitif." CS

 

NOUS LOGIONS CHEZ MA TANTE LÉONIE

"Monte donc voir si ta tante n'a besoin de rien!" CS

 

PARMI NOS VOISINS, UN MUSICIEN DU NOM DE VINTEUIL, AUTEUR DE LA CÉLÈBRE SONATE

"[...] quand, au-dessous de la petite ligne du violon, mince, résistante, dense et directrice, il avait vu tout d'un coup chercher à s'élever en un clapotement liquide, la masse de la partie de piano, multiforme, indivise, plane et entrechoquée comme la mauve agitation des flots que charme et bémolise le clair de lune" CS

 

TRÈS SENSIBLE ET OBSERVATEUR, C’EST DÈS L’ENFANCE QUE JE REMARQUAI QUE :

 "Les faits ne pénètrent pas dans le monde où vivent nos croyances, ils n'ont pas fait naître celles-ci, ils ne les détruisent pas ; ils peuvent leur infliger les plus constants démentis sans les affaiblir, et une avalanche de malheurs ou de maladies se succédant sans interruption dans une famille, ne la fera pas douter de la bonté de son Dieu ou du talent de son médecin." CS

 

ET PUIS JE SUIS ENTRÉ DANS LA SOCIÉTÉ

J’Y RENCONTRAI TOUTES SORTES DE PERSONNAGES :

LE BARON DE CHARLUS  

 "Jupien, après des remarques dépourvues de distinction telles que: "Vous en avez un gros pétard", dit au baron d'un air souriant, ému, supérieur et reconnaissant: "Oui, va, grand gosse !" S&G

 

SON FRÈRE LE DUC DE GUERMANTES

 "Formidablement riche dans un monde où on l'est de moins en moins, ayant assimilé à sa personne d'une façon permanente la notion de cette énorme fortune, en lui la vanité du grand seigneur était doublée de celle de l'homme d'argent, l'éducation raffinée du premier arrivant tout juste à contenir la suffisance du second. On comprenait d'ailleurs que ses succès de femmes qui faisaient le malheur de la sienne ne fussent pas dus qu'à son nom et à sa fortune, car il était encore d'une grande beauté, avec, dans le profil, la pureté, la décision de contour de quelque dieu grec." CG

 

DES JEUNES FILLES

 "Empourpré des reflets du matin, son visage était plus rose que le ciel. Je ressentis devant elle ce désir de vivre qui renaît en nous chaque fois que nous prenons de nouveau conscience de la beauté et du bonheur." JF

 

JE NE ME SOUVIENS PAS DE TOUTES, CERTAINES M’ONT FAIT SOUFFRIR

"Car aux troubles de la mémoire sont liées les intermittences du coeur." S&G

  "Elle ressemblait à ma jeunesse." TR

 

SURTOUT MON GRAND AMOUR, ALBERTINE, QUI MOURUT SI JEUNE

"Ce n'était plus assez de fermer les rideaux, je tâchais de boucher les yeux et les oreilles de ma mémoire, pour ne pas voir cette bande orangée du couchant, pour ne pas entendre ces invisibles oiseaux qui se répondaient d'un arbre à l'autre de chaque côté de moi qu'embrassait alors si tendrement celle qui maintenant était morte." AD

 

MAIS D’AUTRES AUSSI MOURURENT :

MA GRAND-MÈRE

 

Et penchée sur le lit, les jambes fléchissantes, à demi agenouillée, comme si, à force d'humilité, elle avait plus de chance de faire exaucer le don passionné d'elle-même, elle inclinait vers ma grand-mère toute sa vie dans son visage comme dans un ciboire qu'elle lui tendait, décoré en reliefs de fossettes et de plissements si passionnés, si désolés et si doux qu'on ne savait pas s'ils y étaient creusés par le ciseau d'un baiser, d'un sanglot ou d'un sourire. Le côté de Guermantes

 

BERGOTTE

"Il était mort. Mort à jamais? Qui peut le dire?" P

"On l'enterra. Mais toute la nuit funèbre, aux vitrines éclairées, ses livres disposés trois par trois, veillaient comme des anges aux ailes éployées et semblaient, pour celui qui n'était plus, comme le symbole de sa résurrection." P

 

L’OUBLI S’INSTALLE

"l'idée de mourir est plus triste que la mort elle-même et que redevenue plane, après avoir englouti un être, s'étend, sans même un remous à cette place-là, une réalité d'où cet être est exclu et dont il n'existe plus aucun vouloir." AD

LA VIE CONTINUE :

"Une heure n'est pas qu'une heure: c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats." TR

"les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus." TR

 

CETTE VIE JE VAIS LA CONSACRER À MON ŒUVRE

"Mais depuis peu de temps, je recommence à très bien percevoir si je prête l'oreille, les sanglots que j'eus la force de contenir devant mon père et qui n'éclatèrent que quand je me retrouvai seul avec maman. En réalité ils n'ont jamais cessé ; et c'est seulement parce que la vie se tait maintenant davantage autour de moi que je les entends de nouveau, comme ces cloches de couvents que couvrent si bien les bruits de la ville pendant le jour qu'on les croirait arrêtées mais qui se remettent à sonner dans le silence du soir." CS

 

AVEC L’AIDE DE LA MADELEINE TREMPÉE DANS DU THÉ

"Et comme dans ce jeu où les Japonais s'amusent à tremper dans un bol de porcelaine rempli d'eau, de petits morceaux de papier jusque-là indistincts qui, à peine y sont-ils plongés s'étirent, se contournent, se colorent, se différencient, deviennent des fleurs, des maisons, des personnages consistants et reconnaissables, de même maintenant toutes les fleurs de notre jardin et celles du parc de M. Swann, et les nymphéas de la Vivonne, et les bonnes gens du village et leurs petits logis et l'église et tout Combray et ses environs, tout cela qui prend forme et solidité, est sorti, ville et jardins, de ma tasse de thé." CS

 

"

 

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