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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PROUST EN ALEXANDRINS: Philippe Morel pastiche la mort de Bergotte

Publié le 18 Janvier 2022 par proust pour tous

Philippe Morel, un artiste du langage

Entre nos répétitions de "LE PETIT PAN DE MUR JAUNE" au café de la Mairie, et l'anniversaire de Molière qui vient d'attraper 400 ans, je me suis dit: "ça serait plus facile si la Recherche était en alexandrins."

Aussitôt pensé, aussitôt suggéré à un pasticheur de Proust hors-pair, un doué du langage comme on en rencontre peu: Philippe Morel.

Et hop, voici ses alexandrins:

De la mort de Bergotte écoutez le récit :

Malgré la maladie qui le clouait au lit,

Une critique novatrice du tableau de Ver Meer,

Fit qu’ayant avalé un peu de pommes de terre,

Il sortit de chez lui pour voir l’exposition.

Les premières toiles qu’il vit lui firent peu d’impression,

Tandis qu’il était pris déjà d’étourdissements,

Dus aux patates mal cuites, pensa-t-il un moment.

Devant la Vue de Delft enfin il arriva,

Remarquant des motifs qu’il ne connaissait pas,

Des personnages en bleu, que le sable était rose,

Et surtout la matière d’une précieuse chose :

L’inappréciable essence d’un tout petit mur jaune.

« L’art véritable est là, voilà ce que je prône ! »

Cependant reprenaient ses étourdissements ;

Dans une balance céleste bien imprudemment,

Il avait soupesé et sa vie et le mur,

Au profit du second, fatale conjecture !

« Petit pan de mur jaune, jaune avec un auvent »,

Répéta-t-il encore en tombant du divan.

On vint porter secours à l’illustre Français,

On vit qu’il était mort. Mort à jamais ? Qui sait ?

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