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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

RELIER TOUT A TOUT : une des leçons tirées de la lecture de Proust, un plaisir infini.

Publié le 6 Octobre 2021 par proust pour tous

Un des rares avantages de l'âge: on a de plus en plus l'occasion de faire des connections entre savoir, souvenirs, impressions. Dans la Recherche, le narrateur ne s'en prive pas, d'où ses références à son immense culture, ses métaphores qui fourmillent, etc. Il dit d'ailleurs:

À partir d’un certain âge nos souvenirs sont tellement entre-croisés les uns avec les autres que la chose à laquelle on pense, le livre qu’on lit n’a presque plus d’importance. On a mis de soi-même partout, tout est fécond, tout est dangereux, et on peut faire d’aussi précieuses découvertes que dans les Pensées de Pascal dans une réclame pour un savon. Albertine disparue

 

Tel ce croisement que j'ai repéré dans le passionnant livre d'Elisabeth Roudinesco Sigmund Freud, en son temps et dans le nôtre:

"Soucieux de ramener la condition de l'homme moderne à des mythes ancestraux ou à des épopées littéraires, il [Freud] compare le destin des névrosés compulsifs à celui du héros du Tasse dans La Jérusalem délivrée. [...] Après les funérailles de sa bien-aimée, Tancrède pénètre dans la sombre forêt tant redoutée par les croisés. Une forêt "inquiétante d'étrangeté", peuplée d'esprits et de revenants: "in den unheimlichen Zauberwald". Là, il fend en deux un cyprès. Et c'est alors qu'il entend la voix de Clorinde, dont l'âme s'était réfugiée dans cet arbre. p. 303, Editions Points, Essais

me rappelle:

Je trouve très raisonnable la croyance celtique que les âmes de ceux que nous avons perdus sont captives dans quelque être inférieur, dans une bête, un végétal, une chose inanimée, perdues en effet pour nous jusqu’au jour, qui pour beaucoup ne vient jamais, où nous nous trouvons passer près de l’arbre, entrer en possession de l’objet qui est leur prison. Alors elles tressaillent, nous appellent, et sitôt que nous les avons reconnues, l’enchantement est brisé. Délivrées par nous, elles ont vaincu la mort et reviennent vivre avec nous. Du côté de chez Swann

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Une quinzaine de proustiens ont déjà manifesté leur intention de venir lire/réciter/boire et si nécessaire se restaurer d'une simple planche de charcuterie, le mercredi 13 octobre au 1er étage du Café de la Mairie place St Sulpice, Paris 6ème.

Les nouveaux auront les meilleurs rôles, quant à ceux qui ont soumis leurs extraits favoris publiés dans 150, ils nous liront ces textes et leurs commentaires.

J'enverrai à chacun le "Dîner à La Raspelière" en lui attribuant un rôle, comme nous faisions autrefois

 

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