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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

JOURNAL D'UN PROUSTIEN: Rabelais et Cancan, chantres de l'héraldique; et extraordinaire lecture de Daniel Mesguich

Publié le 16 Janvier 2021 par proust pour tous

Je me propose de noter dans ma vie de tous les jours, ce qui me rappelle Proust, et qui, si je creuse l'évènement, enrichit ma culture, et multiplie ma vie.

 

Dans LE QUART LIVRE, il est question de blasons, voici l'extrait, (qu'on peut lire en version plus longue dans le blog les amis d'écrivains). J'ai tout de suite pensé à Cancan (marquis de Cambremer) invité à La Raspelière chez les Verdurin !

 

RABELAIS: (découverte du passage qui m'évoque Proust le mercredi 13 janvier à 15h30)

S’ensuit le nombre et les noms des preux et vaillants cuisiniers qui entrèrent dans la Truie comme dans le cheval de Troie.

Saupiquet.

Salezart.

Ambrelin.

Maindeguourre.

Guavache.

Paimperdu.

Lascheron.

Lasdaller.

Porcausou.

Pochecuillière.

Crespelet.

Cabirotade.

Maistre Hordoux.

Carbonnade.

Grasboyau.

Fressurade.

Pillemortier.

Hoschepot. Hasteret.

L’eschevin.

Balafré. Gualimafré.

Tous ces nobles Cuisiniers portaient en leurs armoiries sur fond rouge une lardoire verte de simple fascée d’un chevron argent penchant à gauche.

[…]

PROUST: (je repense au "Dîner à La Raspelière" que nous jouions au café de la Mairie)

– Qu'est-ce que c'est que cette affaire-là avec ces piquets ? demanda Mme Verdurin en montrant à M. de Cambremer un superbe écusson sculpté au-dessus de la cheminée. Ce sont vos armes ? ajouta-t-elle avec un dédain ironique. – Non, ce ne sont pas les nôtres, répondit M. de Cambremer. Nous portons d'or à trois fasces bretèchées et contre-bretèchées de gueules à cinq pièces chacune chargée d'un trèfle d'or. Non, celles-là ce sont celles des d'Arrachepel qui n'étaient pas de notre estoc, mais de qui nous avons hérité la maison, et jamais ceux de notre lignage n'ont rien voulu y changer. Les Arrachepel (jadis Pelvilain, dit-on) portaient d'or à cinq pieux épointés de gueules. Quand ils s'allièrent aux Féterne leur écu changea mais resta cantonné de vingt croisettes recroisettées au pieu péri fiché d'or avec à droite un vol d'hermine. – Attrape, dit tout bas Mme de Cambremer. – Mon arrière-grand-mère était une d'Arrachepel ou de Rachepel, comme vous voudrez, car on trouve les deux noms dans les vieilles chartes, continua de Cambremer, qui rougit vivement, car il eut seulement alors l'idée dont sa femme lui avait fait honneur et il craignit que Mme Verdurin ne se fût appliqué des paroles qui ne la visaient nullement. L'histoire veut qu'au XIe siècle, le premier Arrachepel, Macé, dit Pelvilain, ait montré une habileté particulière dans les sièges pour arracher les pieux. D'où le surnom d'Arrachepel sous lequel il fut anobli, et les pieux que vous voyez à travers les siècles persister dans leurs armes. Il s'agit des pieux que, pour rendre plus inabordables les fortifications, on plantait, on fichait, passez-moi l'expression, en terre devant elles, et qu'on reliait entre eux. Ce sont eux que vous appeliez très bien des piquets et qui n'avaient rien des bâtons flottants du bon La Fontaine. Car ils passaient pour rendre une place inexpugnable. Évidemment, cela fait sourire avec l'artillerie moderne. Mais il faut se rappeler qu'il s'agit du XIe siècle. – Cela manque d'actualité, dit Mme Verdurin, mais le petit campanile a du caractère. Sodome et Gomorrhe

 

 

du vieux français lu avec truculence par Daniel Mesguich

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