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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PROUST À L'ÉCOLE: quand Laurent Angard et ses élèves visitent une exposition hollandaise au Jeu de Paume (fiction)

Publié le 24 Septembre 2020 par proust pour tous

 

Pour parfaire leurs qualités artistiques, Laurent Angard, professeur au collège Lamartine de Bischheim, a emmené ses élèves à Paris:

 

Un groupe de collégiens sortis des Mille et une nuits

Le soir, je sortais seul, au milieu de la ville enchantée où je me trouvais au milieu de quartiers nouveaux comme un personnage des Mille et une Nuits. (AD)

 

Arrive un groupe d’une quinzaine de jeunes, au centre duquel un grand bel homme d’une quarantaine d’années, Laurent Angard, se plante, bien en face du tableau :

– Chose promise, chose due, mes chers élèves. Vous avez suivi le programme que j’avais concocté pour vous « Proust à l’école », et ces deux mois où vous avez planché sur notre illustre auteur, malgré votre jeune âge de collégiens (et collégiennes), ont été un vrai régal pour moi. Comme maintenant vous aurez la fierté de dire « Proust, je connais », nous voici devant ce tableau de Vermeer, inspiration de l’un des passages que vous avez dû lire, et dont je vous ai distribué à chacun un exemplaire : La mort de Bergotte. Et je vous demande, à la lueur du texte de Proust : que voyez-vous dans ce tableau ?

– Monsieur, Monsieur, il est beau ce tableau…, dit Hind, la jeune fille émerveillée par la jolie couleur du petit livre bleu qu’elle était en train de lire pour son brevet, Du côté de chez Marcel Proust de Laurence Grenier.

– C’est très bien peint, s’écrie Michel tout aussi intrigué.

– Oui, mais en vous référant au texte, pouvez-vous me dire où se trouvent les personnages en bleu, le sable rose.

Dix mains se lèvent.

– Voyez-vous une couleur dominante ?

– Le gris des nuages ? hurle Zeynep.

– Le rouge brique des maisons ? surenchérit Yohan, celui qui a si bien dessiné le portrait de Proust mangeant sa madeleine.

– Le gris-bleu de l’eau ? tente de dire Médiné.

– Le jaune du clocher, le noir du bateau, finit par dire Adam, avec assurance.

– Je vois avec plaisir que vous avez appris le mot clocher, et que cela ressemble à un minaret : tous deux pointent vers le ciel. D’ailleurs ceci me fait penser à une question : savez-vous quel est le livre le plus cité dans A la recherche du temps perdu ? où il est question d’une ville d’or comme celle que l’on voit illuminée dans ce tableau ?

Les Trois Mousquetaires ? 

Voyons, Ahmet, ce n’est pas parce que je vous ai fait étudier en 6ème mon écrivain favori (avec Proust bien sûr) qu’il n’existe que 2 auteurs, Alexandre Dumas et Marcel Proust. Non c’est un livre où l’on rencontre justement non pas des clochers mais des minarets, et dont l’un des personnages s’appelle Aladin.

Monsieur, Monsieur, et aussi Schéhérazade ?

Très bien Asya, dis-le devant tes camarades.

 Les Mille et une nuits

Monsieur, on sent bien la lumière, qui éclaire la partie droite du tableau, ajoute Zakaria.

– Bien, que diriez-vous de l’ensemble des couleurs ? est-ce que l’une domine les autres ?

– Non, elles vont bien ensemble, murmure Brenda-Lee, tout timidement.

– Comment pourriez-vous décrire des couleurs qui vont bien ensemble ? ce mot peut être utilisé aussi en musique par exemple ?

….

Lucia lève soudain la main avec excitation.

–  En harmonie ?

– Bravo Lucia, tu as bien décrit l’impression que l’on tire de cette peinture. Mais reste une question, LA question : voyez-vous le petit pan de mur jaune ?

– Là, là : des doigts pointent à droite du tableau, d’autres un peu plus au centre, d’autres ne pointent rien.

– Mais Monsieur, moi je ne vois rien : je vois bien du jaune, un toit avec un auvent, un petit mur, mais pas un mur avec un auvent, rétorque avec assurance Paul-Adrien (Paulo pour les intimes)

– Paulo, tu as raison, voici que tu as devant toi le mystère du petit pan de mur jaune, un vrai thriller ! Proust a éveillé la curiosité du lecteur, il lui a donné de quoi observer lui-même et réfléchir, le signe d’un grand écrivain.

– Et vous Monsieur, qu’en pensez-vous ?

– Je pense que ce petit pan imaginaire ou non n’est qu’une question, une question à laquelle chacun peut répondre avec ce qu’il connaît. (En riant) c’est un petit pan de mur jaune pour professeurs et leurs élèves.

 

En partant, tous les adolescents défilèrent devant la toile, s’approchant du l’énigme en se penchant au plus près, tandis que leur professeur s’assurait qu’aucun ne succombât à la tentation de toucher la « précieuse matière » pour en révéler le secret.

 

RENDEZ-VOUS DIMANCHE 27, à 11 h à la bibliothèque de SCEAUX, pour écouter l'histoire de ces collégiens, devant la "Vue de Delft" de Vermeer

 

 

PROUST À L'ÉCOLE: quand Laurent Angard et ses élèves visitent une exposition hollandaise au Jeu de Paume (fiction)
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R
Que d'excellents et réels souvenirs cette leçon fictive me rappelle, Madame Grenier, transposés dans le domaine de l'égyptologie, bien évidemment pour ce qui me concerne, aux Musées royaux d'Art et d'Histoire de Bruxelles ... Merci et bravo à toi, Laurent pour tout le travail effectué en amont avant de pouvoir, un jour, je te le souhaite, emmener tes élèves devant la "Vue de Delft", au Mauritshuis, à La Haye.
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