Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

En remerciement à Armel Siret, peintre-décorateur de talent, et à Gilles Pudlowski, critique littéraire et gastronomique

Publié le 24 Mai 2020 par proust pour tous

Barques à harengs dans "Vue de Delft" de Vermeer

Barques à harengs dans "Vue de Delft" de Vermeer

Barques à harengs dans la "vue de Delft" de Vermeer

Et je lui prépare une autre approche gastronomique, dans "Le mystère du petit pan de mur jaune", dans lequel de nombreux spectateurs défilent devant le, selon Proust, plus beau tableau du monde. Voici l'extrait:

[...] Notez tous les détails, la tenue des personnages, la nature des bateaux en chantier (ce sont des barques à harengs, la pêche aux harengs est d’ailleurs )…

– Pourquoi barques à harengs ?

– Parce qu’à l’époque où Vermeer a peint le tableau, Delft était l’un des ports d’où partaient les pêcheurs de harengs qui abondaient depuis peu près des côtes hollandaises, en raison d’un refroidissement climatique qui avait valu à cette période le nom de "petit âge glaciaire". Ces poissons frileux étaient venus se réchauffer en Hollande ! Les grandes sorties pour la pêche aux harengs se faisaient vers le mois de juin. D’ailleurs encore aujourd’hui on fête le retour des premières pêches au hareng lors de la journée des petits drapeaux, avec des milliers de visiteurs venus goûter des maatjes, (harengs frais), fin mai, début juin. Mais je m’égare, on est bien loin de Bergotte, Proust et la grande peinture.

– Ne croyez pas cela interrompit Catherine, un membre du petit clan proustien du Café de la Mairie, tous les ans j’organise la fête de la madeleine le 18 novembre pour célébrer la mort de Proust, et comme je suis très friande de harengs, arrosés de vodka, je crois que je vais laisser tomber le trio novembre-madeleines-thé, pour celui plus réjouissant de mai-harengs-vodka, pour célébrer non pas la mort de Proust mais celle de Bergotte, d’autant qu’il avait mangé des pommes de terre (mal cuites il est vrai), qui s’accordent si bien avec les harengs (mieux que le bière-moules-frites de leur voisins) fêtons les Hollandais qui ont produit le plus beau tableau du monde en même temps que Proust qui a écrit le plus beau roman du monde, avec vodka-harengs-pommes de terre chaudes. Ça c’est de la transversalité !

– Méfiez-vous du hareng, car il est déjà associé à Hubert Bonisseur de La Bath.

– Qui ?

– OSS 117, dans une "réplique culte" « On m’a dit le plus grand bien de vos harengs-pommes à l’huile. »

– Ouf, je suis soulagée : mon hareng se sert avec de la vodka, et les pommes de terre ne sont pas forcément à l’huile !

– Vous aurez du mal à dégommer la madeleine, je crois que vous êtes sur une fausse piste ; d’autant qu’en anglais "red herring" veut justement dire cela : être détourné sur une fausse piste, en référence à la chasse à courre, ou l’on utilisait le hareng, un kipper, pour dresser les chiens à suivre une piste, ou les détourner pendant la chasse.

– Vermeer et Proust, et nous voici à cheval chassant le renard. C’est beau la culture !

 

 

Commenter cet article