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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Feuilleton érotique de Marcel Proust: épisode 56, une histoire de thé

Publié le 2 Avril 2020 par proust pour tous in feuilleton érotique

dans un article de Libération (blog Agnès Giard)

Je m'étais toujours demandé pourquoi Charlus faisait une scène à Morel citant la nièce de Jupien ! Je crois avoir compris en lisant ce matin un article très instructif (et drôle) sur le sens caché des choses, une spécialité de Marcel Proust (voir le livre de Gilles Deleuze : Proust et les signes) : c'est dans Libération, les 400 culs, blog d'Agnès Giard.  http://sexes.blogs.liberation.fr/2020/04/01/proust-et-les-pissotieres/

 «L’expression «prendre le thé» signifiait alors copuler ; “notamment entre homosexuels”, précise un dictionnaire d’argot. […] Outre Atlantique, cette pratique souterraine dans les toilettes publiques était connue sous le nom de «tearooming» (littéralement, faire salon de thé).  "

La nièce du giletier ayant dit un jour à Morel : « C'est cela, venez demain, je vous paierai le thé », le baron avait avec raison trouvé cette expression bien vulgaire pour une personne dont il comptait faire presque sa belle-fille, mais comme il aimait à froisser et se grisait de sa propre colère, au lieu de dire simplement à Morel qu'il le priait de lui donner à cet égard une leçon de distinction, tout le retour s'était passé en scènes violentes. Sur le ton le plus insolent, le plus orgueilleux : « Le “toucher”, qui, je le vois, n'est pas forcément allié au “tact”, a donc empêché chez vous le développement normal de l'odorat, puisque vous avez toléré que cette expression fétide de payer le thé, à quinze centimes je suppose, fît monter son odeur de vidanges jusqu'à mes royales narines ? Quand vous avez fini un solo de violon, avez-vous jamais vu chez moi qu'on vous récompensât d'un pet, au lieu d'un applaudissement frénétique ou d'un silence plus éloquent encore parce qu'il est fait de la peur de ne pouvoir retenir non ce que votre fiancée nous prodigue mais le sanglot que vous avez amené au bord des lèvres ? » La prisonnière

 

Ce qui me rappelle le livre bien connu de Jean-Jacques Salomon (alias Claude Lussac), lauréat du concours de Pastiches proustiens 2019: Pisser à Paris 

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Jason Hayes: Proust on thé tearoom<br /> Emily Fels: Homoeroticism and Victorian Culture
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