Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PAR COEUR : en Amérique, le poème le plus cité: The Road Not Taken

Publié le 31 Mars 2020 par proust pour tous

"Down by Law" de Jim Jarnusch,

Hier une proustienne des plus originales et des plus sympathiques, Clopine Trouillefou, écrit ceci sur Facebook, et j'ai suivi son avis, elle a tout à fait raison:

"Ce soir sur Arte, "down by law", l'excellentissime film de Jarmush. On peut le voir aussi, d'ailleurs, comme un hommage à l'Italie en ces temps de confinement.

Je pense à la scène de la prison, bien entendu... Comment ne PAS penser à la scène de la prison, et à ce frapadingue de Bénigni ? (je voudrais tant l'avoir près de moi en ces temps qu'on nous dit aussi suspendus que des jardins babyloniens... Soupir !)"

 

Me voici donc tard le soir devant le petit écran, et, après la fameuse scène de la prison, je découvre la dernière partie du film illustrant le poème le plus connu par coeur par les Américains (j'avais vu une enquête à la télé du temps où je vivais à Boston)

 

Robert Frost: The Road not Taken

Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth;
 
Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same,
 
And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.
 
I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I—
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference.
 
Robert Frost – La route que je n’ai pas prise
Deux routes divergeaient dans un bois jaune ;
Triste de ne pouvoir prendre les prendre toutes deux,
Et de n’être qu’un seul voyageur, j’en suivis
L’une aussi loin que je pus du regard
Jusqu’à sa courbe du sous-bois.
Puis je pris l’autre, qui me parut aussi belle,
Offrant peut-être l’avantage
D’une herbe qu’on pouvait fouler,
Bien qu’en ce lieu, vraiment, l’état en fût le même,
Et que ce matin-là elles fussent pareilles,
Toutes deux sous des feuilles qu’aucun pas
N’avait noircies.
Oh, je gardais pour une autre fois la première !
Mais comme je savais qu’à la route s’ajoutent Les routes,
Je doutais de ne jamais revenir.
Je conterai ceci en soupirant,
D’ici des siècles et des siècles, quelque part :
Deux routes divergeaient dans un bois ;
Quant à moi, j’ai suivi la moins fréquentée
Et c’est cela qui changea tout.
 
Robert Frost (1874-1963) – Mountain Interval (1916) – Anthologie de la poésie américaine (Stock, 1956) – Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alain Bosquet
 

La découverte de ce poème si populaire outre Atlantique m'avait amenée à cette réflexion : l'influence énorme du PAR COEUR, qui illustre mais aussi façonne un caractère national. L'optimisme individualiste américain opposé au cynisme français, par le truchement des fables de La Fontaine, poison magnifique instillé dès le plus jeune âge:

 

Exemple: la morale de "LE CHAMEAU ET LES BATONS FLOTTANTS"
            J'en sais beaucoup de par le monde
            A qui ceci conviendrait bien:
De loin, c'est quelque chose, et de près, ce n'est rien.

 

 

Et le film en entier ...

Commenter cet article