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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

PROUST ET LA GREVE : ANNULATION DU SPECTACLE DU 15 DÉCEMBRE "À TABLE AVEC MARCEL PROUST"

Publié le 8 Décembre 2019 par proust pour tous in Actualités proustiennes- Proust news

La semaine démarre sous les chapeaux de roue, côté grève des transports, et l'accès au Théâtre de l'Oeuvre dimanche prochain à 17h, pour voir sur scène XAVIER GALLAIS, est compromis, c'est donc pour cela que cette représentation a été annulée, en attendant une nouvelle date moins risquée, courant février. TOUS LES BILLETS SERONT REMBOURSÉS.

Voici donc un bel effet secondaire de la grève ! Annulation du spectacle = échec du duc de Guermantes à la présidence du Jockey club, en raison de l'Affaire Dreyfus:

 

Mme de Guermantes me soutint qu'à la soirée où elle était en robe rouge, elle ne se rappelait pas qu'il y eût Mme de Chaussepierre, que je me trompais certainement. Or, Dieu sait pourtant si, depuis, les Chaussepierre avaient occupé l'esprit du duc et même de la duchesse ! Voici pour quelle raison. M. de Guermantes était le plus ancien vice-président du Jockey quand le président mourut. Certains membres du cercle qui n'ont pas de relations et dont le seul plaisir est de donner des boules noires aux gens qui ne les invitent pas, firent campagne contre le duc de Guermantes qui, sûr d'être élu, et assez négligent quant à cette présidence qui était peu de chose relativement à sa situation mondaine, ne s'occupa de rien. On fit valoir que la duchesse était dreyfusarde (l'affaire Dreyfus était pourtant terminée depuis longtemps, mais vingt ans après on en parlait encore, et elle ne l'était que depuis deux ans), recevait les Rothschild, qu'on favorisait trop depuis quelque temps de grands potentats internationaux comme était le duc de Guermantes, à moitié Allemand. La campagne trouva un terrain très favorable les clubs jalousent toujours beaucoup les gens très en vue et détestent les grandes fortunes. Celle de Chaussepierre n'était pas mince, mais personne ne pouvait s'en offusquer, il ne dépensait pas un sou, l'appartement du couple était modeste, la femme allait vêtue de laine noire. Folle de musique, elle donnait bien de petites matinées où étaient invitées beaucoup plus de chanteuses que chez les Guermantes. Mais personne n'en parlait, tout cela se passait sans rafraîchissements, le mari même absent, dans l'obscurité de la rue de la Chaise. À l'Opéra, Mme de Chaussepierre passait inaperçue, toujours avec des gens dont le nom évoquait le milieu le plus « ultra » de l'intimité de Charles X, mais des gens effacés, peu mondains. Le jour de l'élection, à la surprise générale, l'obscurité triompha de l'éblouissement, Chaussepierre, deuxième vice-président, fut nommé président du Jockey, et le duc de Guermantes resta sur le carreau, c'est-à-dire premier vice-président. Certes, être président du Jockey ne représente pas grand-chose à des princes de premier rang comme étaient les Guermantes. Mais ne pas l'être quand c'est votre tour, se voir préférer un Chaussepierre à la femme de qui Oriane, non seulement ne rendait pas son salut deux ans auparavant, mais allait jusqu'à se montrer offensée d'être saluée par cette chauve-souris inconnue, c'était dur pour le duc. Il prétendait être au-dessus de cet échec, assurant d'ailleurs que c'était à sa vieille amitié pour Swann qu'il le devait. En réalité, il ne décolérait pas. Chose assez particulière, on n'avait jamais entendu le duc de Guermantes se servir de l'expression assez banale : « bel et bien », mais depuis l'élection du Jockey, dès qu'on parlait de l'affaire Dreyfus, « bel et bien » surgissait : « Affaire Dreyfus, affaire Dreyfus, c'est bientôt dit et le terme est impropre ; ce n'est pas une affaire de religion, mais bel et bien une affaire politique. » Cinq ans pouvaient passer sans qu'on entendît « bel et bien » si pendant ce temps on ne parlait pas de l'affaire Dreyfus, mais si les cinq ans passés le nom de Dreyfus revenait, aussitôt « bel et bien » arrivait automatiquement. Le duc ne pouvait plus du reste souffrir qu'on parlât de cette affaire « qui a causé, disait-il, tant de malheurs », bien qu'il ne fût en réalité sensible qu'à un seul, son échec à la présidence du Jockey. La prisonnière 

 

 

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Ç
Oui enfin considérons d'équilibrer les retraites en faisant preuve de solidarité mais pas que dans le sens du privé vers le public. On paie déja les déficits du genre 30 milliards de la SNCf, il ne faudrait pas abuser les gens sur la réalité de ce qui bloque dans le pays.
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U
Le blocage c’est sans doute la clé.<br /> TOUS ensemble pour la retraite par répartition:un point c'est tout.<br /> Pensons à l'avenir, refusons et combattons la régression sociale.
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