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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Feuilleton érotique de Marcel Proust: épisode 55

Publié le 29 Novembre 2019 par proust pour tous

 

Ce que le monde est méchant...

 

Il a été follement aimé des femmes. – Mais est-ce que vous avez connu la sienne ? – Mais, voyons, c'est par moi qu'il l'a connue. Je l'avais trouvée charmante dans son demi-travesti, un soir qu'elle jouait Miss Sacripant ; j'étais avec des camarades de club, nous avions tous ramené une femme et, bien que je n'eusse envie que de dormir, les mauvaises langues avaient prétendu, car c'est affreux ce que le monde est méchant, que j'avais couché avec Odette. Seulement, elle en avait profité pour venir m'embêter, et j'avais cru m'en débarrasser en la présentant à Swann. De ce jour-là elle ne cessa plus de me cramponner, elle ne savait pas un mot d'orthographe, c'est moi qui faisais ses lettres. Et puis c'est moi qui ensuite ai été chargé de la promener. Voilà, mon enfant, ce que c'est que d'avoir une bonne réputation, vous voyez. Du reste, je ne la méritais qu'à moitié. Elle me forçait à lui faire faire des parties terribles, à cinq, à six. » Et les amants qu'avait eus successivement Odette (elle avait été avec un tel, puis avec un pauvre Swann aveuglé par la jalousie et par l'amour, tels ces hommes dont pas un seul n'avait été deviné par lui tour à tour, supputant les chances et croyant aux serments plus affirmatifs qu'une contradiction qui échappe à la coupable, contradiction bien plus insaisissable, et pourtant bien plus significative, et dont le jaloux pourrait se prévaloir plus logiquement que de renseignements qu'il prétend faussement avoir eus, pour inquiéter sa maîtresse), ces amants, M. de Charlus se mit à les énumérer avec autant de certitude que s'il avait récité la liste des Rois de France. La prisonnière

PROUST COMIQUE, CRUEL et TENDRE : voici une critique de la lecture de Xavier Gallais, au OFF du Printemps Proustien, par Anne Quillet:

A propos de la lecture à Illiers Combray en Mai 2019

« Quel bonheur, cette capacité de Xavier Gallais de s’imprégner de la langue de Proust, de lui donner cette saveur unique ! 

Quelle joie aussi de lire le plaisir des mots, le plaisir de jouer (car ce n’est pas une « simple lecture » quand Xavier Gallais lit Proust !) dans le regard de l’artiste !

Nous étions quelques uns à savoir quel grand moment nous allions partager... et avons savouré chaque mot, chaque syllabe, chaque personnage, chaque moue, chaque regard, chaque geste !

Et puis il y a tous ceux, amateurs de Proust ou venus en voisins, qui ont été conquis !"

 

et avant Noël, une grande fête du théâtre, à célébrer en famille:

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