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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

À la recherche de la phrase et du mot, je m'adresse à Michel Foucault

Publié le 6 Juin 2018 par proust pour tous

un animal appartenant à l'empereur de Chine

 

Tandis que j'attends la première farandole de la phrase longue à Illiers-Combray, Jules m'a recommandé de lire "Les mots et les choses" de Michel Foucault, pour m'aider à comprendre la joie que peut nous apporter certaines phrases, certains mots. Et ainsi mieux défendre mon goût immodéré pour le style de Proust. Je vais d'ailleurs utiliser mes nouvelles connaissances pour parler au mariage de ma nièce Kikou de mots, syntaxe, pensée etc en évitant soigneusement de prononcer le nom de Proust (une promesse faite à Jules de ne pas irriter famille et amis en ce jour qui s'annonce magnifique, où non seulement ma chère nièce se marie mais sa soeur Zaza, qui met en page tous mes bouquins, sera présente avec son enfant né dimanche qu'elle a appelé MADELEINE). 

Voici le début de la préface de Michel Foucault:

Ce livre a son lieu de naissance dans un livre de Borges. Dans le rire qui secoue à sa lecture toutes les familiarités de la pensée - de la nôtre, de celle qui a notre âge et notre géographie - ébranlant toutes les surfaces ordonnées et tous les plans qui assagissent pour nous le foisonnement des êtres, faisant vaciller et inquiétant pour longtemps notre pratique millénaire du Même et de l'Autre. Ce texte cite "une certaine encyclopédie chinoise" où il est écrit que "les animaux se divisent en : a) appartenant à l'Empereur b) embaumés c) apprivoisés d) cochons de lait e) sirènes f) fabuleux g) chiens en liberté h) inclus dans la présente classification i) qui s'agitent comme des fous j) innombrables k) dessinés avec un pinceau très fin en poil de chameau l) et caetera m) qui viennent de casser la cruche n) qui de loin semblent des mouches." Dans l'émerveillement de cette taxinomie, ce qu'on rejoint d'un bond, ce qui, à la faveur de l'apologue, nous est indiqué comme le charme exotique d'une autre pensée, c'est la limite de la nôtre: j'impossibilité nue de penser cela.    

Qu'est-il donc impossible de penser, et de quelle impossibilité s'agit-il? Les mots et les choses Éditions Gallimard, 1966

 

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