Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Quand une journaliste visite un temple de la culture parisienne: le CAFÉ DE LA MAIRIE, place Saint Sulpice

Publié le 13 Avril 2018 par proust pour tous

Vu dans "NOUVELLES rive gauche", le mensuel chrétien des 5ème et 6ème arrondissements  

Danièle Fenoglio, une fidèle des "Dînez avec Proust" a voulu partager l'adresse de son QG culturel parisien, et voici donc notre troupe de proustiens, toujours vaillante, rodée à perfection, fluctuante dans ses nouveaux adeptes, solide sur sa base de permanents, exposée à un public local qui est bienvenu... 

Prochaine séance: le mercredi (4ème du mois) 25 avril. On parlera de phrases longues, et je ferai une petite présentation de tous les autres colocataires du 1er étage (cette présentation m'a été inspirée lors de notre dernier dîner lorsque notre hôte Pierre-Yves Leprince, auteur mais aussi scénographe, a reconnu sur le trottoir de la place saint-Sulpice une maquilleuse de théâtre avec laquelle il avait travaillé (il avait aussi, a-t-on appris à l'occasion de cette rencontre) fait le décor mémorable pour Jacques Seyrès dans "Du côté de chez Proust". Cette maquilleuse cherchait la réunion sur La Fontaine... ça nous a tous fait envie. Voici donc une fable citée par le marquis de Cambremer, et qui s'applique si bien à La recherche

 – Mon arrière-grand'mère était une d'Arrachepel ou de Rachepel, comme vous voudrez, car on trouve les deux noms dans les vieilles chartes, continua M. de Cambremer, qui rougit vivement, car il eut, seulement alors, l'idée dont sa femme lui avait fait honneur et il craignit que Mme Verdurin ne se fût appliqué des paroles qui ne la visaient nullement. L'histoire veut qu'au onzième siècle, le premier Arrachepel, Macé, dit Pelvilain, ait montré une habileté particulière dans les sièges pour arracher les pieux. D'où le surnom d'Arrachepel sous lequel il fut anobli, et les pieux que vous voyez à travers les siècles persister dans leurs armes. Il s'agit des pieux que, pour rendre plus inabordables les fortifications, on plantait, on fichait, passez-moi l'expression, en terre devant elles, et qu'on reliait entre eux. Ce sont eux que vous appeliez très bien des piquets et qui n'avaient rien des bâtons flottants du bon La Fontaine. Car ils passaient pour rendre une place inexpugnable. . Sodome et Gomorrhe

 

LE CHAMEAU ET LES BATONS FLOTTANTS

Le premier qui vit un chameau
            S'enfuit à cet objet nouveau ;
Le second approcha ; le troisième osa faire
            Un licou pour le dromadaire (1).
L'accoutumance ainsi nous rend tout familier :
Ce qui nous paraissait terrible et singulier
            S'apprivoise avec notre vue
            Quand ce vient à la continue (2).
Et puisque nous voici tombés sur ce sujet,
            On avait mis des gens au guet,
Qui voyant sur les eaux de loin certain objet,
            Ne purent s'empêcher de dire
            Que c'était un puissant navire.
Quelques moments après, l'objet devint brûlot (3),
            Et puis nacelle (4), et puis ballot,
            Enfin bâtons flottants sur l'onde.

            J'en sais beaucoup de par le monde
            A qui ceci conviendrait bien:
De loin, c'est quelque chose, et de près, ce n'est rien.

Commenter cet article