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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

VIVRE EN MÉTAPHORES: une soirée au restaurant and JOHN KENNEDY at a White House dinner

Publié le 21 Décembre 2017 par proust pour tous

Hier soir, avant d'aller rejoindre tard Jules, en attendant la séance de cinéma (Les nuits de la pleine lune, d'Éric Rohmer), je suis allée dîner seule au restaurant Polidor, un restaurant que m'ont fait découvrir Jean-Jacques Salgon et notre amie Marie-Pierre, avec la joie de penser que j'étais peut-être comme Thomas Jefferson:

I want to tell you how welcome you are to the White House. I think this is the most extraordinary collection of talent, of human knowledge, that has ever been gathered together at the White House, with the possible exception of when Thomas Jefferson dined alone. discours de John Kennedy donnant un dîner à une collection de Prix Nobel invités par lui à la Maison Blanche

Emportée par le plaisir d'être dans un lieu si charmant, et la griserie livrée par un grand verre de blanc, songeant à toutes les métaphores de Proust que le monde entier allait découvrir grâce à Frédéric Vion, (cliquez) je me mis, comme Proust, à relier tout à tout, par le biais d'une métaphore maison autour du plat du jour TRIPES À LA MODE DE CAEN, les tripes servant d'image aux expressions suivantes: "avoir des tripes", "ça vous prend aux tripes" ou "avoir la tripe disons littéraire"mais surtout le verdict impitoyable de certains critiques littéraires à l'encontre de textes qui ne méritent pas toujours cet anathème: "ça ne vaut pas tripette". Ayant réglé son sort métaphorique aux tripes je me suis alors attaquée, suivant une logique très cartésienne  À LA MODE DE CAEN, séchant un peu et ne trouvant que certains mariages à la MODE de Bretagne, je me rabattis sur le TRIP à l'anglaise qui n'a rien à faire dans cette galère, alors que le voisinage d'une table d'Américains avait dû titiller mon subconscient.

Enfin pour garnir ce plat divin, quelques pommes de terre qui servent peu comme liant à l'univers que lorsqu'elles sont dénommées abusivement patates, qui se déclinent en "quelle patate", ou "prendre une patate"," j'en ai gros sur la patate"..... et patati et patata 

Car dans son humilité, dans sa tendre admiration pour des êtres qui lui étaient infiniment inférieurs, elle adoptait leur vilain tour de langage. Sa fille s'étant plaint d'elle à moi et m'ayant dit (je ne sais de qui elle l'avait appris) : « Elle a toujours quelque chose à dire, que je ferme mal les portes, et patati patali et patata patala », Françoise crut sans doute que son incomplète éducation seule l'avait privée jusqu'ici de ce bel usage. Et sur ses lèvres où j'avais vu fleurir jadis le français le plus pur, j'entendis plusieurs fois par jour : « Et patati patali et patata patala ». Le Temps retrouvé

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B
un endroit sublime
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