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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Il faut lire A la recherche du temps perdu; Everyone should read In Search of Lost Time

Publié le 5 Août 2017 par proust pour tous

Musée Peggy Guggenheim à Venise

 

Hier Jules et moi avons vu un documentaire Peggy Guggenheim, la collectionneuse  un film très bien fait que j'ai beaucoup aimé, et Jules, grand amateur de peinture, encore plus. 

Or, l'un des nombreux personnages interrogés, un Anglais dont je n'ai pas noté le nom, a comparé Peggy Guggenheim vieillissante à Mme de Villeparisis essayant de rattraper en respectabilité les débordements de sa jeunesse dissipée. Et je me suis dit une fois de plus que Proust devient une référence dans tout ce qui est culturel, et que pour comprendre le monde moderne il faut avoir lu la recherche. J'ai aussi pensé, devant les critiques de certains absolutistes proustiens, que j'assistai à un exemple parfait de l'utilité de mon abrégé Proust pour tous, qui, j'en suis consciente, ne peut vous faire sentir la magie de la prose de notre grand écrivain, mais qui peut donner assez de connaissance de l'oeuvre pour comprendre les mille allusions dont elle fait l'objet).

 

 Certes, si à un moment donné de sa jeunesse, Mme de Villeparisis, blasée sur la satisfaction d'appartenir à la fine fleur de l'aristocratie, s'était en quelque sorte amusée à scandaliser les gens parmi lesquels elle vivait, à défaire délibérément sa situation, elle s'était mise à attacher de l'importance à cette situation après qu'elle l'eut perdue. Elle avait voulu montrer aux duchesses qu'elle était plus qu'elles, en disant, en faisant tout ce que celles-ci n'osaient pas dire, n'osaient pas faire. Mais maintenant que celles-ci, sauf celles de sa proche parenté, ne venaient plus chez elle, elle se sentait amoindrie et souhaitait encore de régner, mais d'une autre manière que par l'esprit. Elle eût voulu attirer toutes celles qu'elle avait pris tant de soin d'écarter. Combien de vies de femmes, vies peu connues d'ailleurs (car chacun, selon son âge, a comme un monde différent, et la discrétion des vieillards empêche les jeunes gens de se faire une idée du passé et d'embrasser tout le cycle), ont été divisées ainsi en périodes contrastées, la dernière toute employée à reconquérir ce qui dans la deuxième avait été si gaiement jeté au vent. Le côté de Guermantes

 

 

Yesterday I went with Jules to a movie theater to see an excellent documentary Peggy Guggenheim, la collectionneuse  we both loved it, especially Jules who loves paintings with passion. 

One of the interviewed characters, an Englishman whose name I didn't write down, compared an aging Peggy Guggenheim to  Mme de Villeparisis  trying to overcome in respectability the excesses of her crazy youth. And I was thinking to myself that, once again, Proust is a constant reference in a modern cultural world. Hence the absolute necessity to have read his novel (or even, for that only cultural awareness, my abridged version Proust pour tous (the 3 first volumes are translated  and will be on youtube shortly). 

 

 Certainly, if at a given moment in her youth Mme. de Villeparisis, surfeited with the satisfaction of belonging to the fine flower of the aristocracy, had found a sort of amusement in scandalising the people among whom she lived, and in deliberately impairing her own position in society, she had begun to attach its full importance to that position once it was definitely lost. She had wished to shew the Duchesses that she was better than they, by saying and doing all the things that they dared not say or do. But now that they all, save such as were closely related to her, had ceased to call, she felt herself diminished, and sought once more to reign, but with another sceptre than that of wit. She would have liked to attract to her house all those women whom she had taken such pains to drive away. How many women’s lives, lives of which little enough is known (for we all live in different worlds according to our ages, and the discretion of their elders prevents the young from forming any clear idea of the past and so completing the cycle), have been divided in this way into contrasted periods, the last being entirely devoted to the reconquest of what in the second has been so light-heartedly flung on the wind. The Guermantes Way

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