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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Le défilé du 14 juillet; Bastille Day parade

Publié le 13 Juillet 2017 par proust pour tous

J'aime beaucoup les défilés, et quand je vivais en Amérique j'en ai vu plein. La première "parade" à laquelle j'ai assisté, le 4 juillet 1980, à Cape Cod, exhibait sur son dernier chariot, dans son petit bateau trainé par un tracteur, Gérard d'Aboville, qui allait embarquer pour sa traversée de l'Atlantique à la rame vers la France (par une étrange coïncidence quelques jours avant de rentrer en France définitivement, en 2005, j'assistai à une conférence dans mon village du Connecticut, sur la traversée qu'un jeune Américain allait tenter à la rame, dans le sens inverse. ON NE PEUT ECHAPPER AU DESTIN). La présence au bout du monde de ce compatriote, saluant sous les vivas d'une foule clairsemée et bon enfant m'avait emballée.

Mon autre expérience mémorable de défilé se situe rue de Rivoli, vers 1995, là où les cortèges se dispersaient, en fin de descente des Champs Élysées, avec mon mari américain et nos enfants, parmi une foule de touristes. Les vivas étaient ce jour-là, comme parait-il chaque 14 juillet, réservés à la Légion Étrangère et ses barbus, leur tablier de cuir et leur hache, leur pas lent.

Enfin, j'ai essayé d'inculquer à ma progéniture le goût de ces défilés en leur faisant écouter lors des innombrables trajets en voiture que l'Amérique impose aux mères de famille qui trimballent leurs rejetons ici au base ball ou là aux leçons de violon, des sonneries de tambour napoléoniennes ou des airs de défilés de cornemuses. Mais surtout la merveilleuse chanson par Bourvil "En revenant de la revue"

 

Nous avancions entre une double haie d'invités, lesquels, sachant qu'ils ne connaîtraient jamais « Oriane », voulaient au moins, comme une curiosité, la montrer à leur femme : « Ursule, vite, vite, venez voir Madame de Guermantes qui cause avec ce jeune homme. » Et on sentait qu'il ne s'en fallait pas de beaucoup pour qu'ils fussent montés sur des chaises, pour mieux voir, comme à la revue du 14 juillet ou au Grand Prix. Sodome et Gomorrhe

 

I love parades and when I lived in America, I saw a lot of them. My first parade took place on the 4th of July 1980, in Cape Cod, and at its end, his small boat pulled by a tractor, Gérard d'Aboville, who was on the verge of embarking to cross the Atlantic Ocean on his rowboat (a strange coincidence was that in 2005; two weeks before I left my village in Connecticut for my final return to France, I attended a lecture on a young American who was ready to cross the same adventure, but in the reverse direction). The presence in Cape Cod, for me the end of the world, of a compatriot, cheered by a thin but enthousiat crowd, enthralled me. q

My other great memory of a parade is located rue de Rivoli, around 1995, where the regiments having marched on the Champs Élysées disbanded, with my American husband and our children, among a crowd of tourists. The vivas were adressed that day to the Foreign Legion, with its bearded soldiers, thir leather aprons and axes on their shoulder, marching at a slow pace. 

At last, I have tried to give my offsprings my taste for parades, while playing in our car wherever I had to drive them, countless airs of Napoleonian drum pieces, or of bagpipes. But above all I made them listen to a marvellous song by Bourvil,  a song on a parade in the 1880's "En revenant de la revue"

 

We advanced between a double hedge of guests, who, conscious that they would never come to know ‘Oriane,’ were anxious at least to point her out, as a curiosity, to their wives: “Quick, Ursule, come and look at Madame de Guermantes talking to that young man.” And one felt that in another moment they would be clambering upon the chairs, for a better view, as at the Military Review on the 14th of July, or the Grand Prix. Cities of the Plain

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