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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu"

Dernière séance d'été ; This summer's last performance

Publié le 30 Juin 2017 par proust pour tous

Pour les nombreux spectateurs qui n'ont pas pu assister à la représentation "Duetto Marcel Proust Laurence Grenier", une dernière chance de me voir cet été dans le délicieux petit théâtre Pandora. DIMANCHE 2 JUILLET à 17 h. 

Pour ceux qui m'ont déjà applaudie, dès septembre je redonnerai au même endroit un spectacle différent: Proust, ma mère et moi, suivant le même principe: les histoires que racontait ma mère, mises en parallèle avec une lecture d'extraits de Proust. Car grâce à la Recherche, je peux relier tout à tout.

Ma mère m'avait emmené passer quelques semaines à Venise et – comme il peut y avoir de la beauté aussi bien que dans les choses les plus humbles dans les plus précieuses – j'y goûtais des impressions analogues à celles que j'avais si souvent ressenties autrefois à Combray, mais transposées selon un mode entièrement différent et plus riche. Quand, à dix heures du matin, on venait ouvrir mes volets, je voyais flamboyer, au lieu du marbre noir que devenaient en resplendissant les ardoises de Saint-Hilaire, l'Ange d'Or du campanile de Saint-Marc. Rutilant d'un soleil qui le rendait presque impossible à fixer, il me faisait avec ses bras grands ouverts, pour quand je serais, une demi-heure plus tard, sur la piazzetta, une promesse de joie plus certaine que celle qu'il put être jadis chargé d'annoncer aux hommes de bonne volonté. Je ne pouvais apercevoir que lui tant que j'étais couché, mais comme le monde n'est qu'un vaste cadran solaire où un seul segment ensoleillé nous permet de voir l'heure qu'il est, dès le premier matin je pensai aux boutiques de Combray sur la place de l'Église, qui, le dimanche, étaient sur le point de fermer quand j'arrivais à la messe, tandis que la paille du marché sentait fort sous le soleil déjà chaud. Albertine disparue

 

For the many spectators who have not been able to applaude me on stage in "Duetto Marcel Proust Laurence Grenier", a last chance for this summer in Paris' théâtre Pandora. SUNDAYJULY 2 at 5 pm  

Before a new show in September in the same theater  Proust, ma mère et moi, that follows the same design, stories that were told by my mother, put in parallel with Proust' excepts readings. Because of Proust, I may link all to all.

 

My mother had brought me for a few weeks to Venice and — as there may be beauty in the most precious as well as in the humblest things — I was receiving there impressions analogous to those which I had felt so often in the past at Combray, but transposed into a wholly different and far richer key. When at ten o’clock in the morning my shutters were thrown open, I saw ablaze in the sunlight, instead of the black marble into which the slates of Saint-Hilaire used to turn, the Golden Angel on the Campanile of San Marco. In its dazzling glitter, which made it almost impossible to fix it in space, it promised me with its outstretched arms, for the moment, half an hour later, when I was to appear on the Piazzetta, a joy more certain than any that it could ever in the past have been bidden to announce to men of good will. I could see nothing but itself, so long as I remained in bed, but as the whole world is merely a vast sun-dial, a single lighted segment of which enables us to tell what o’clock it is, on the very first morning I was reminded of the shops in the Place de l’Eglise at Combray, which, on Sunday mornings, were always on the point of shutting when I arrived for mass, while the straw in the market place smelt strongly in the already hot sunlight. The Fugitive

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