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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Une vue depuis la cuisine de Jules: relier tout à tout; Jules' kitchen with a view: link all to all

Publié le 28 Mai 2017 par proust pour tous

Ce matin chez Jules, après une nuit torride, et une petite pluie bienfaisante qui venait d' apporter un peu de fraîcheur, on pouvait voir de la cuisine la cour avec des traces d'averse qui séchaient à toute vitesse. Et alors que je venais de recenser plus de 760 métaphores dans la recherche, la vue de ces taches humides m'évoqua fortement l'image d'un gros chien en train de dormir alors qu'un chat redressé lui tenait la queue à sa droite, suivi d'un ourson assis :

Pendant quelques instants, et sachant qu'il me rendait plus heureux qu'Albertine, je restais en tête à tête avec le petit personnage intérieur, salueur chantant du soleil et dont j'ai déjà parlé. De ceux qui composent notre individu, ce ne sont pas les plus apparents qui nous sont le plus essentiels. En moi, quand la maladie aura fini de les jeter l'un après l'autre par terre, il en restera encore deux ou trois qui auront la vie plus dure que les autres, notamment un certain philosophe qui n'est heureux que quand il a découvert, entre deux oeuvres, entre deux sensations, une partie commune. La prisonnière

 

This morning, at Jules' after a torrid night, and a welcome rain that had just brought some fresh air, one could see from the kitchen window traces of rain that were very rapidly drying. and as I was just out of  collecting more than 760 metaphores in  the Search, the view of these stains strongly suggested for me the image of a big sleeping dog, with jbehind him a cat holding his tail, followed by a sitting little bear: 

For some moments, knowing that he would make me happier than Albertine, I remained closeted with the little person inside me, hymning the rising sun, of whom I have already spoken. Of those elements which compose our personality, it is not the most obvious that are most essential. In myself, when ill health has succeeded in uprooting them one after another, there will still remain two or three, endowed with a hardier constitution than the rest, notably a certain philosopher who is happy only when he has discovered in two works of art, in two sensations, a common element. The Captive

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