Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Métaphores, Proust, Flaubert, un perroquet géant

Publié le 21 Mars 2017 par proust pour tous

Dimanche dernier, au 88 "Proust underground", soirée très réussie organisée par Inès Duhesme, avec lectures offertes par Jean-Marie Fonbonne, la plus belle voix proustienne. Dans le public attentif, Cyrille Cahen, écrivain, humoriste et psychiatre, m'éblouit par son érudition et sa mémoire: il a lu la Recherche à 20 ans, en a été imprégné, s'en souvient avec précision. Discussion sur la phrase longue, je lui cite l'analyse passionante de Proust sur le style dans L'éducation sentimentale, en précisant que notre grand écrivain reprochait à Flaubert le petit nombre de métaphores qu'il emploie.

- Pourtant, Flaubert est l'auteur de la plus belle métaphore ! dans un coeur simple, à la fin de la nouvelle, un perroquet représente le saint esprit !

- Ah! ça me rappelle "Flaubert's Parrot", le charmant roman. de Julian Barnes. 

 

Une vapeur d'azur monta dans la chambre de Félicité.
Elle avança les narines, en la humant avec une sensualité mystique ; puis ferma les paupières. Ses lèvres souriaient. Les mouvements de son coeur se ralentirent un peu, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît ; et, quand elle exhala son dernier souffle, elle crut voir, dans les cieux entr'ouverts, un perroquet gigantesque, planant au-dessus de sa tête. (fin de Un coeur simple)

 

________________________________________________________________________

Cliquez sur les mots en bleu pour avoir accès aux liens.

Ce vendredi 24 mars, à 20 h au Café de la mairie, place St Sulpice, "Dîner chez les Guermantes" .

_________________________________________________________________________

 

Last Sunday, at the 88 "Proust underground", a beautiful event organized by Inès Duhesme, with readings by Jean-Marie Fonbonne, the most beautiful Proustian voice. In the public, Cyrille Cahen, writer, humorist and psychiatrist, shines with his erudition and his memory: he had read the Search at 20, had been deeply impressed by it, and remembers in details. Discussion around the long sentence. I quote the analyse passionante de Proust sur le style dans L'éducation sentimentale, precising that our great author was faulting Flaubert for his small number of metaphors. - Yet, Flaubert is the father of the most striking methaphor in A simple Soul at the end a parrot represents the Holy Spirit !  - It reminds me of "Flaubert's Parrot", a charming novel by Julian Barnes. 

 

The singers, the canopy-bearers and the children lined up against the sides of the yard. Slowly the priest ascended the steps and placed his shining sun on the lace cloth. Everybody knelt. There was deep silence; and the censers slipping on their chains were swung high in the air. A blue vapour rose in Felicite’s room. She opened her nostrils and inhaled with a mystic sensuousness; then she closed her lids. Her lips smiled. The beats of her heart grew fainter and fainter, and vaguer, like a fountain giving out, like an echo dying away; — and when she exhaled her last breath, she thought she saw in the half-opened heavens a gigantic parrot hovering above her head. ( A Simple Soul, the end)

Commenter cet article

Marie-Pierre 23/03/2017 13:31

Cette page est brillante Merci Laurence!