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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Notre petit clan a du talent, 1er chapître; Our little clan has talent, chapter I

Publié le 19 Novembre 2016 par proust pour tous

Chez la tante Léonie

Pour l'anniversaire de la mort de Proust (un 18 novembre, en 1922: je signale que cette date me fait faire une madeleine, ma mère étant née en 1922). grand raout au café de la Mairie, qui célébrait le Beaujolais nouveau. Pour notre petit clan, ce soir-là plus petit que clan, la consigne était la liberté de choisir son texte, de la princesse de Parme à Odette minaudant, mais surtout nous fûmes émus par le poème charmant de Viviane Gervais (alias Saniette) lu par l'auteur avec grande sincérité, un poème dédié au narrateur, qui évoque dans la chaleur de l'été de Combray la tante Léonie qui "repose" derrière les volets clos: Viviane sera là le 7 décembre (Saniette fait partie des personnages) et elle nous relira ce très beau texte qu'elle a composé dans sa ferveur de proustienne.

Ainsi passait la vie pour ma tante Léonie, toujours identique, dans la douce uniformité de ce qu'elle appelait avec un dédain affecté et une tendresse profonde, son « petit traintrain ». Préservé par tout le monde, non seulement à la maison, où chacun ayant éprouvé l'inutilité de lui conseiller une meilleure hygiène, s'était peu à peu résigné à le respecter, mais même dans le village où, à trois rues de nous, l'emballeur, avant de clouer ses caisses, faisait demander à Françoise si ma tante ne « reposait pas » – ce traintrain fut pourtant troublé une fois cette année-là. Comme un fruit caché qui serait parvenu à maturité sans qu'on s'en aperçût et se détacherait spontanément, survint une nuit la délivrance de la fille de cuisine. Mais ses douleurs étaient intolérables, et comme il n'y avait pas de sage-femme à Combray, Françoise dut partir avant le jour en chercher une à Thiberzy. Ma tante, à cause des cris de la fille de cuisine, ne put reposer, et Françoise, malgré la courte distance, n'étant revenue que très tard, lui manqua beaucoup. Aussi, ma mère me dit-elle dans la matinée : « Monte donc voir si ta tante n'a besoin de rien. » J'entrai dans la première pièce et, par la porte ouverte, vis ma tante, couchée sur le côté, qui dormait ; je l'entendis ronfler légèrement.  Du côté de chez Swann

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LUNDI 5 DECEMBRE, VENDREDI 9 DECEMBRE, DUETTO: POURQUOI J'AIME PROUST, de Laurence Grenier, qui racontera sa vie, en un récit ponctué d'extraits de "la recherche", MANIFIQUEMENT LUS par Sara Saragoni.  

88 bd Saint Germain (le Rendez-vous Saint Germain)

Séances à 18 h et à 20h30. 7€ + consommation. Nombre de places limité (environ 50), il est recommandé de réserver au 01 56 81 92 87

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For Proust' death anniversary (November 18, 1922, which caused me a madeleine, since my mother was born in 1922). big party at the café de la Mairie, not for Proust but the Beaujolais nouveau. For our little clan, that night more little than clan, the order of the day was to be free to chose a text, from the princesse de Parme to Odette flirting with Swann, but we were particularly moved by a charming poem of Viviane Gervais (alias Saniette) read by the author with a rare sincerity, a poem dedicated to the narrator, in the heat of the summer, in Combray, while tante Léonie  "rests" behind her closed shutters: Viviane will be present during our next dinner on December 7 (Saniette is one of the characters) and she will read again her beautiful text, composed with proustian fervor.

 

In this way life went by for my aunt Léonie, always the same, in the gentle uniformity of what she called, with a pretence of deprecation but with a deep tenderness, her ‘little jog-trot.’ Respected by all and sundry, not merely in her own house, where every one of us, having learned the futility of recommending any healthier mode of life, had become gradually resigned to its observance, but in the village as well, where, three streets away, a tradesman who had to hammer nails into a packing-case would send first to Françoise to make sure that my aunt was not ‘resting’ — her ‘little jog-trot’ was, none the less, brutally disturbed on one occasion in this same year. Like a fruit hidden among its leaves, which has grown and ripened unobserved by man, until it falls of its own accord, there came upon us one night the kitchen-maid’s confinement. Her pains were unbearable, and, as there was no midwife in Combray, Françoise had to set off before dawn to fetch one from Thiberzy. My aunt was unable to ‘rest,’ owing to the cries of the girl, and as Françoise, though the distance was nothing, was very late in returning, her services were greatly missed. And so, in the course of the morning, my mother said to me: “Run upstairs, and see if your aunt wants anything.” I went into the first of her two rooms, and through the open door of the other saw my aunt lying on her side, asleep. Swann's Way

 

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