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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

Annonce: "Dînez avec Proust" le jeudi 20 octobre à 20 h, café de la Mairie, place saint sulpice, 1er étage

Publié le 11 Octobre 2016 par proust pour tous

à gauche une "dîneuse chez Proust": Christine Hauteclaire
à gauche une "dîneuse chez Proust": Christine Hauteclaire

Certains des dîneurs arrivent dès 19 h, c'est très sympathique.On peut porter des chapeaux, ou des costumes.

On jouera "Swann amoureux", où l'on verra Swann "draguer" Odette, puis en être trompé. Il s'en guérira, et en fin de dîner regardera le passé avec une certaine nostalgie de collectionneur qui doit laisser sa collection...

Si vous désirez un rôle, écrivez-moi

Swann malade parle de l’amour

SWANN (à Marcel) : Moi, je n'ai jamais été curieux, sauf quand j'ai été amoureux et quand j'ai été jaloux. Et pour ce que cela m'a appris ! Êtes-vous jaloux ? »
MARCEL : Je dis à Swann que je n'avais jamais éprouvé de jalousie, que je ne savais même pas ce que c'était.
SWANN : « Hé bien ! je vous en félicite. Quand on l'est un peu, cela n'est pas tout à fait désagréable, à deux points de vue. D'une part, parce que cela permet aux gens qui ne sont pas curieux de s'intéresser à la vie des autres personnes, ou au moins d'une autre. Et puis, parce que cela fait assez bien sentir la douceur de posséder, de monter en voiture avec une femme, de ne pas la laisser aller seule. Mais cela, ce n'est que dans les tout premiers débuts du mal ou quand la guérison est presque complète. Dans l'intervalle, c'est le plus affreux des supplices. Du reste, même les deux douceurs dont je vous parle, je dois vous dire que je les ai peu connues ; la première, par la faute de ma nature qui n'est pas capable de réflexions très prolongées ; la seconde, à cause des circonstances, par la faute de la femme, je veux dire des femmes, dont j'ai été jaloux. Mais cela ne fait rien. Même quand on ne tient plus aux choses, il n'est pas absolument indifférent d'y avoir tenu, parce que c'était toujours pour des raisons qui échappaient aux autres. Le souvenir de ces sentiments-là, nous sentons qu'il n'est qu'en nous ; c'est en nous qu'il faut rentrer pour le regarder. Ne vous moquez pas trop de ce jargon idéaliste, mais ce que je veux dire, c'est que j'ai beaucoup aimé la vie et que j'ai beaucoup aimé les arts. Hé bien ! maintenant que je suis un peu trop fatigué pour vivre avec les autres, ces anciens sentiments si personnels à moi, que j'ai eus, me semblent, ce qui est la manie de tous les collectionneurs, très précieux. Je m'ouvre à moi-même mon cœur comme une espèce de vitrine, je regarde un à un tant d'amours que les autres n'auront pas connus. Et de cette collection à laquelle je suis maintenant plus attaché encore qu'aux autres, je me dis, un peu comme Mazarin pour ses livres, mais, du reste, sans angoisse aucune, que ce sera bien embêtant de quitter tout cela. Sodome et Gomorrhe

ANNONCE: Laure Hillerin, bien connue pour son roulement du r (à la russe comme la Sherbatoff, mais aussi à la paysanne comme Françoise) sera interviewée le vendredi 14 octobre, à 14 h dans "Au coeur de l'histoire" une émission de Europe 1 animée par Frrrranck Ferrrrrrand: sur "La duchesse de Berry", pour son livre réédité en novembre. Comtesse Greffuhle, duchesse de Berry....On se croirait partout au café de la Mairie!

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