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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

5 proustiens autour de 6 tables de 5, ou 6 proustiens autour de 5 tables de 6 ?

Publié le 21 Septembre 2016 par proust pour tous

chateau de Réveillon
chateau de Réveillon

Samedi prochain 24 septembre, nous serons 30 au château de Réveillon, et l'on jouera " A table au Grand Hôtel", il y en aura pour tout le monde: des tirades courtes des longues (et une trop longue dixit Catherine Gaudin, mais elle sera lue avec talent...): table 1:Villeparisis, 2: Bloch; 3: Cambremer; 4: le personnel; 5 jeunes filles en fleurs et 6: des clients de l'hôtel/

EXTRAIT:

Table 6 : des clients de l’hôtel

UN GRAND MÉDECIN, UN GRAND AVOCAT DE PARIS (ensemble) : Ah ! c'est vrai, vous ne prenez pas le même train que nous, vous êtes privilégiés, vous serez rendus pour le déjeuner. UN BÄTONNIER DE CHERBOURG, UN GRAND NOTAIRE DU MANS (ensemble, en roulant les r, à la paysanne) : Comment, privilégiés ? Vous qui habitez la capitale, Paris, la grand ville, tandis que j'habite un pauvre chef-lieu de cent mille âmes, il est vrai cent deux mille au dernier recensement ; mais qu'est-ce à côté de vous qui en comptez deux millions cinq cent mille ? et qui allez retrouver l'asphalte et tout l'éclat du monde parisien. LA FEMME DU NOTAIRE : Aimé, nous travaillons toutes sur la layette du bébé qu’attend votre femme, ça avance. LA FEMME DU BȂTONNIER (regardant ma grand-mère et moi) : C’est d’un commun de manger les œufs durs avec la salade ! LE PREMIER PRÉSIDENT DE CAEN : Vous avez vu la maitresse de « Majesté », ce Français qui s’est proclamé lui-même roi d'un petit îlot de l'Océanie peuplé par quelques sauvages. Quand elle sort se baigner, elle jette des pièces aux gamins qui crient « Vive la reine ! » sur son passage. AMI DE PASSAGE : C’est une jolie femme. LE BȂTONNIER : C’est une petite ouvrière. AMI DE PASSAGE : Mais on m'avait assuré qu'à Ostende ils usaient de la cabine royale. LA FEMME DU BȂTONNIER : Naturellement ! On la loue pour vingt francs. Vous pouvez la prendre si cela vous fait plaisir. Et je sais pertinemment que, lui, avait fait demander une audience au roi qui lui a fait savoir qu'il n'avait pas à connaître ce souverain de Guignol. AMI DE PASSAGE : Ah, vraiment, c'est intéressant ! il y a tout de même des gens !... LE NOTAIRE : Et celui-ci ! Joli Monsieur ! un jeune gommeux, fils poitrinaire et fêtard d'un grand industriel et qui, tous les jours, dans un veston nouveau, une orchidée à la boutonnière, déjeune au champagne. LA FEMME DU PREMIER PRÉSIDENT :Il va jeter au Casino sur la table de baccarat des sommes énormes qu'il n'a pas les moyens de perdre. Je tiens de bonne source que ce jeune homme « fin de siècle » fait mourir de chagrin ses parents. LE BȂTONNIER : Regardez voilà la vieille dame riche et titrée, elle habite à l’hôtel, mais le ne se déplace qu'avec tout son train de maison. (la femme du notaire et la femme du premier président l’inspectent insolemment avec leur face à main et font une grimace de dégoût). LA LA FEMME DU PREMIER PRÉSIDENT : Eh bien, j'espère que vous vous mettez bien, que vous êtes un homme chic. Déjeuner à la table de M. et Mme de Cambremer ! LE BȂTONNIER : Chic ? pourquoi ? (dissimulant sa joie sous un étonnement exagéré) ; à cause de mes invités ? mais qu'est-ce que ça a de chic d'avoir des amis à déjeuner ? Faut bien qu'ils déjeunent quelque part ! LA FEMME DU PREMIER PRÉSIDENT : Mais si, c'est chic ! C'était bien les de Cambremer, n'est-ce pas ? Je les ai bien reconnus. C'est une marquise. Et authentique. Pas par les femmes. LE BȂTONNIER : Oh ! c'est une femme bien simple, elle est charmante, on ne fait pas moins de façons. Je pensais que vous alliez venir, je vous faisais des signes...je vous aurais présenté ! LA FEMME DU PREMIER PRÉSIDENT : Non, non, non, non, nous restons cachés, comme l'humble violette. LE BȂTONNIER : Mais vous avez eu tort, je vous le répète (enhardi maintenant que le danger était passé). Ils ne vous auraient pas mangés. Allons-nous faire notre petit bezigue ? LE NOTAIRE : Mais volontiers, nous n'osions pas vous le proposer, maintenant que vous traitez des marquises ! LE BȂTONNIER : Oh ! allez, elles n'ont rien de si extraordinaire. Tenez, j'y dîne demain soir. Voulez-vous y aller à ma place. C'est de grand cœur. Franchement, j'aime autant rester ici. LE PRÉSIDENT : Non, non !... on me révoquerait comme réactionnaire, ( riant aux larmes de sa plaisanterie). Mais vous aussi vous êtes reçu à Féterne, ajouta-t-il en se tournant vers le notaire. LE NOTAIRE : Oh ! je vais là les dimanches, on entre par une porte, on sort par l'autre. Mais ils ne déjeunent pas chez moi comme chez le bâtonnier. LE BȂTONNIER : Aimé, vous pourrez dire à M. de Stermaria qu'il n'est pas le seul noble qu'il y ait dans cette salle à manger. Vous avez bien vu ce monsieur qui a déjeuné avec moi ce matin ? Hein ? petites moustaches, air militaire ? Eh bien, c'est le marquis de Cambremer. AIMÉ : Ah, vraiment ? cela ne m'étonne pas ! LE BȂTONNIER : Ça lui montrera qu'il n'est pas le seul homme titré. Et attrape donc ! Il n'est pas mal de leur rabattre leur caquet à ces nobles. Vous savez, Aimé, ne lui dites rien si vous voulez, moi, ce que j'en dis, ce n'est pas pour moi ; du reste, il le connaît bien.

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PROCHAINS DINERS AU CAFE DE LA MAIRIE PLACE ST SULPICE: mercredi 5 et jeudi 20 Octobre. On doit juste prendre une consommation ou un plat ou un menu....

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