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  le blog proustpourtous

Les réflexions d'une proustienne sur sa vie, et en quoi elle lui rappelle dans des épisodes du quotidien des passages de "A la recherche du temps perdu", en Français et en Anglais

la calomnie : où Mme Verdurin suggère un camp de concentration; Calomny, calomny

Publié le 25 Juillet 2016 par proust pour tous

Don basilio dans l'air de la calomnie (Ruggero Raimondi)
Don basilio dans l'air de la calomnie (Ruggero Raimondi)

AIR DE LA CALOMNIE dans Le barbier de Séville de Rossini

Je viens d'apprendre qu'une cousine qui ne m'aime pas fait courir le bruit auprès du reste de ma famille que dans son très beau roman American immigrant, mon fils dézingue toute la famille avec férocité et noirceur, alors que le texte est plein d'humour et d'autodérision... La calomnie découverte fait mal mais aussi fait rire (jaune). Ah, la punaise !

Point de vue moins transcendant et plus pratique, Mme Verdurin affectait de croire qu'il [Charlus] n'était pas Français. « Quelle est sa nationalité exacte, est-ce qu'il n'est pas Autrichien ? demandait innocemment M. Verdurin. – Mais non, pas du tout, répondait la comtesse Molé, dont le premier mouvement obéissait plutôt au bon sens qu'à la rancune. – Mais non, il est Prussien, disait la Patronne, mais je vous le dis, je le sais, il nous l'a assez répété qu'il était membre héréditaire de la Chambre des Seigneurs de Prusse et Durchlaucht. – Pourtant la reine de Naples m'avait dit... – Vous savez que c'est une affreuse espionne, s'écriait Mme Verdurin qui n'avait pas oublié l'attitude que la souveraine déchue avait eue un soir chez elle. Je le sais et d'une façon précise, elle ne vivait que de ça. Si nous avions un gouvernement plus énergique, tout ça devrait être dans un camp de concentration. Et allez donc ! En tout cas, vous ferez bien de ne pas recevoir ce joli monde, parce que je sais que le Ministre de l'Intérieur a l'oeil sur eux, votre hôtel serait surveillé. Rien ne m'enlèvera de l'idée que pendant deux ans Charlus n'a pas cessé d'espionner chez moi. » Et pensant probablement qu'on pouvait avoir un doute sur l'intérêt que pouvaient présenter pour le gouvernement allemand les rapports les plus circonstanciés sur l'organisation du petit clan, Mme Verdurin, d'un air doux et perspicace, en personne qui sait que la valeur de ce qu'elle dit ne paraîtra que plus précieuse si elle n'enfle pas la voix pour le dire : « Je vous dirai que dès le premier jour j'ai dit à mon mari : Ça ne me va pas, la façon dont cet homme s'est introduit chez moi. Ça a quelque chose de louche. Nous avions une propriété au fond d'une baie, sur un point très élevé. Il était sûrement chargé par les Allemands de préparer là une base pour leurs sous-marins. Il y avait des choses qui m'étonnaient et que maintenant je comprends. Ainsi au début il ne pouvait pas venir par le train avec les autres habitués. Moi je lui avais très gentiment proposé une chambre dans le château. Hé bien, non, il avait préféré habiter Doncières où il y avait énormément de troupe. Tout ça sentait l'espionnage à plein nez. » Le Temps retrouvé

I just discover that a cousin of mine, who dislikes me, said to the rest of my family very bad things about my son's beautiful novel American immigrant, in which he gloomily massacres the whole family, according to the bitch!

point of view less transcendent and more practical was represented by Mme Verdurin who affected to believe that he [Charlus] was not French. “What is his exact nationality? Is he not an Austrian?” M. Verdurin innocently inquired. “Oh, no, not at all,” answered the Comtesse Molé, whose first gesture rather obeyed her good sense than her rancour. “Nothing of the sort, he’s a Prussian,” pronounced la Patronne: “I know, I tell you. He told us often enough he was a hereditary peer of Prussia and a ‘Serene Highness’.” “All the same, the Queen of Naples told me —” “As to her, you know she’s an awful spy,” exclaimed Mme Verdurin who had not forgotten the attitude which the fallen sovereign had displayed at her house one evening. “I know it most positively. She only lives by spying. If we had a more energetic Government, all those people would be in a concentration camp. And in any case you would do well not to receive that charming kind of society, for I happen to know that the Minister of the Interior has got his eye on them and your house will be watched. Nothing will convince me that during two years Charlus was not continually spying at my house.” Time Regained
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